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La sor­tie de route de la semaine : selon Jordan Bardella, il n’aurait pas fal­lu accueillir les Afghanes en France

Est-ce qu’on est surpris·e ? Non. Est-ce qu’on est fatigué·e par tant de cynisme ? Oui.

Y a pas à dire, Jordan Bardella a le sens de l’accueil. Le président du Rassemblement national (RN) et député européen était l’invité de France Info mercredi matin. À la question fallait-il accueillir les cinq femmes afghanes persécutées par les talibans en septembre dernier ? Jordan Bardella a répondu d’un lapidaire et cynique “Non”. “Je ne vois pas la plus-value pour la société française d’accueillir des gens de Tchétchénie ou d’Afghanistan”, a-t-il poursuivi justifiant que “l’Afghanistan n’est pas un pays en guerre”. “Il est très certainement un pays en guerre civile du fait de l’arrivée des talibans au pouvoir”, a-t-il ensuite nuancé.

Bien sûr, nous ne sommes pas surpris·es par l’argumentaire de Jordan Bardella qui, après le drame d’Annecy en juin dernier, avait déjà annoncé son souhait de “restreindre le droit d’asile” et “remettre à plat” les règles de son octroi parce qu’il est selon lui “donné dans l’Union européenne de manière beaucoup trop large”. En septembre, la France avait accueilli cinq Afghanes. Persécutées dans leur pays, elles exerçaient des professions intellectuelles et n’avaient pas pu bénéficier des ponts aériens vers les pays occidentaux lors de la chute du pouvoir aux mains des talibans en août 2021. Elles avaient dû alors s’exiler par leurs propres moyens au Pakistan, puis batailler pour obtenir un visa pour la France, rappelait à l’époque, Delphine Rouilleault, la directrice générale de France Terre d’asile.

En Afghanistan, depuis le retour des talibans, les femmes et les filles vivent sous une chape de plomb et leurs droits ne cessent de se dégrader. Piqûre de rappel : les femmes sont obligées de porter le voile en dehors de chez elles, n’ont plus le droit de voyager à plus de 72 kilomètres si elles ne sont pas accompagnées d’un homme de leur famille, ne peuvent plus étudier à l’université et n’ont plus le droit de se rendre dans des salles de sport, des bains publics et même dans des parcs. Mais ce ne sont pas, selon Jordan Bardella, des raisons suffisantes pour les accueillir en France. Que faudra-t-il de plus ?

Lire aussi : Afghanistan : deux ans d’exclusion et d’effacement des femmes et des filles

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