Cabourg Char à Voile
Des chars à voile à Cabourg © Wikimedia commons

Christophe Galtier, le char à voile et l'effort collectif

La sor­tie de l'entraîneur du PSG sur les dépla­ce­ments en char à voile dit tout de l'égoïsme de celles et ceux qui ne peuvent plus nier que la situa­tion est dra­ma­tique mais ne veulent pas remettre en ques­tion leurs modes de vie.

ÉDITO. « Excusez-​moi, je me dou­tais qu'on allait avoir cette question-​là, pour être très hon­nête avec vous, ce matin, on a par­lé avec la socié­té qui orga­nise nos dépla­ce­ments. On est en train de voir si on ne peut se dépla­cer en char à voile. Voilà. » En une petite phrase dis­til­lée en confé­rence de presse le 5 sep­tembre, sui­vie de la grosse mar­rade de la star de son équipe Kylian Mbappé, l'entraîneur du PSG Christophe Galtier a envoyé val­ser la part à prendre du club dans la lutte contre le réchauf­fe­ment climatique.

On pour­rait cher­cher à en sou­rire, comme la Fédération natio­nale de char à voile qui a pro­po­sé d'accueillir les joueurs du PSG en stage. Ou sau­ter sur l'occasion pour sen­si­bi­li­ser, comme Green Peace, qui a ins­tal­lé un char à voile devant le parc des Princes peu avant la ren­contre avec la Juventus, mar­di 6 sep­tembre. Mais on peut aus­si s'en aga­cer for­te­ment, comme nombre de res­pon­sables poli­tiques, dont la ministre des sports, Amélie Oudéa-​Castera, ques­tion­nant dans un tweet la res­pon­sa­bi­li­té de ces figures si influentes dans le débat public.

Et pour le coup, nous serions plu­tôt de celles que cette petite blague insup­porte. Parce qu'elle dit tout de l'égoïsme de celles et ceux qui ne peuvent plus nier que la situa­tion est dra­ma­tique mais ne veulent pas remettre en ques­tion leurs modes de vie. Ces riches qui green­wachent leurs dis­cours mais ne veulent pas céder un quart du mil­lième de leur propre confort pour­rissent notre vie col­lec­tive car leur dédain – voire, ici, leur mépris – clôt le débat. Comment deman­der à un·e Français·e lamb­da de renon­cer à par­tir au soleil en avion tant que les nanti·es rie­ront au nez de tous en pre­nant leurs jets pri­vés, qui évi­dem­ment pol­lue bien plus qu'un avion de ligne commerciale ?

Le cercle est vicieux car à par­tir de là, les feignant·es du cli­mat peuvent dérou­ler leurs dan­ge­reux argu­ments : à quoi bon renon­cer à l'avion puisque, d'après l'Organisation de l'aviation civile inter­na­tio­nale, le sec­teur aérien ne concerne que 2% des émis­sions mon­diales de gaz à effets de serre ? À quoi bon bais­ser le chauf­fage à 19° puisque, à mon échelle indi­vi­duelle, me res­treindre ne serait qu'une infime goutte d'eau dans l'océan des efforts néces­saires ? À quoi bon trier mes déchets puisque des indus­tries entières consomment et gas­pillent des tonnes de plas­tique chaque jour ? Et ain­si de suite. Et du coup, on ne fait rien. On l'a com­pris, dans cette guerre pour notre sur­vie, culpa­bi­li­ser la popu­la­tion n'est pas une solu­tion. Mais il est tout de même grand temps de remettre au centre de la mobi­li­sa­tion la ques­tion de l'individualité dans l'effort col­lec­tif, sur­tout quand cet indi­vi­du a autant de pou­voir d'influence.

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