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Luc Besson en 2016. ©Gage Skidmore

Luc Besson accu­sé de viols : non-​lieu confir­mé en appel, Sand Van Roy se pour­voit en cassation

Le non-​lieu en faveur du réa­li­sa­teur et pro­duc­teur Luc Besson a été confir­mé, ce mar­di 24 mai, par la cour d’appel de Paris concer­nant les accu­sa­tions de viols por­tées par l’actrice belgo-​néerlandaise, Sand Van Roy. L’avocat de cette der­nière a annon­cé un pour­voi en cassation. 

La jus­tice a tran­ché une nou­velle fois en faveur de Luc Besson. La cour d’appel de Paris a confir­mé, ce mar­di 24 mai, l’ordonnance de non-​lieu en faveur du pro­duc­teur et réa­li­sa­teur de 63 ans. Il est accu­sé de viols par l’actrice belgo-​néerlandaise, Sand Van Roy, depuis mai 2018. 

« La cour a confir­mé l’innocence de mon client. Une dizaine d’initiatives pro­cé­du­rales de Mme Van Roy se sont toutes conclues de la même manière. Luc Besson regrette ces quatre années per­dues », a décla­ré ce matin à l’AFP, l’avocat du cinéaste, Me Thierry Marembert, ajou­tant que « le dos­sier éta­blit suf­fi­sam­ment que Mme Sand Van Roy a consen­ti à la rela­tion qu’elle entre­te­nait avec M. Besson ». L’un des deux avo­cats de la plai­gnante, Me Antoine Gitton a, de son côté, dénon­cé, auprès de l’AFP un « simu­lacre de jus­tice de petite ver­tu » et annon­cé un « pour­voi en cas­sa­tion » contre cette décision. 

La cour d'appel a sui­vi les réqui­si­tions du minis­tère public 

La cour d'appel de Paris a exa­mi­né, le 19 avril, le recours de l’actrice contre l’abandon des pour­suites dont avait béné­fi­cié, le 9 décembre 2021, le cinéaste et pro­duc­teur fran­çais. Un aban­don jus­ti­fié à l’époque par « l’absence de tout élé­ment maté­riel venant étayer les décla­ra­tions » de la plai­gnante âgée de 34 ans. La cour d’appel a sui­vi, ce mar­di matin, les réqui­si­tions du minis­tère public, favo­rable de nou­veau à la confir­ma­tion du non-​lieu en faveur de Luc Besson. 

Sand Van Roy conteste depuis le début la pro­cé­dure menée par la jus­tice fran­çaise, dans laquelle Luc Besson n’a pas été mis en exa­men mais seule­ment pla­cé sous le sta­tut moins incri­mi­nant de « témoin assis­té », le 25 jan­vier 2021, à l’issue d’une longue audi­tion. « Je regrette d’avoir por­té plainte, ce pays ne pro­tège pas les vic­times de gens connus », avait-​elle décla­ré dans un docu­men­taire dif­fu­sé mi-​novembre sur France 2. 

Une pre­mière plainte en 2018

À l’origine de cette affaire emblé­ma­tique de l’ère #MeToo, il y a la pre­mière plainte pour viol dépo­sée par la comé­dienne, le 18 mai 2018, contre l’influent cinéaste, quelques heures après un rendez-​vous avec lui dans un palace pari­sien. De ce rendez-​vous, les pro­ta­go­nistes ont don­né deux ver­sions : d’après Sand Van Roy, une péné­tra­tion anale digi­tale impo­sée puis un éva­nouis­se­ment, mal­gré de mul­tiples injonc­tions à arrê­ter. Pour Luc Besson, un rap­port vagi­nal consen­ti empreint, selon lui, de « dou­ceur ». Deux mois plus tard, l’actrice avait dénon­cé dans une seconde plainte d’autres viols et agres­sions sexuelles, com­mis entre 2016 et 2018 au cours, selon elle, de deux années d’une « rela­tion d’emprise pro­fes­sion­nelle » sous menaces de « rétor­sion sur sa car­rière d’actrice »

À la suite de ces plaintes, Luc Besson et Sand Van Roy avaient été confronté·es une seule fois, en décembre 2018, dans les locaux de la police judi­ciaire, dans le cadre d’une enquête pré­li­mi­naire. « On a à peine pu poser des ques­tions, on n’a pas pu poser de ques­tions sur mes bles­sures intimes, et aucune ques­tion dif­fi­cile n’a été posée à Luc Besson », avait cri­ti­qué Mme Van Roy à l’époque. Ses plaintes avaient ensuite été clas­sées sans suite en février 2019 par le par­quet de Paris, qui esti­mait n’avoir pu « carac­té­ri­ser l’infraction dénon­cée »

D’autres témoi­gnages

L’actrice avait alors dépo­sé une troi­sième plainte, cette fois avec consti­tu­tion de par­tie civile et obte­nu l’ouverture d’une infor­ma­tion judi­ciaire en octobre 2019 pour « viols ». Au cours de cette ins­truc­tion, aucune confron­ta­tion n’a, cette fois, été orga­ni­sée entre les deux par­ties. En octobre 2019, Luc Besson avait indi­qué dans un entre­tien à BFM-​TV qu’il « [regret­tait ] d’avoir eu une rela­tion avec cette jeune fille alors qu’effectivement il y avait un rap­port de subor­di­na­tion ».

Devant la jus­tice, au moins trois femmes ont évo­qué des faits allant de « bisous dans le cou » jusqu’à la « ten­ta­tive de viol », tous contes­tés par Luc Besson. Huit femmes avaient éga­le­ment témoi­gné en 2018 auprès de Mediapart de gestes dépla­cés ou d’agressions sexuelles, sou­vent pres­crits, de la part du réalisateur. 

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