Drapeau de Malte
©Hamelin de Guettelet

Après s'être vu refu­ser un avor­te­ment à Malte, une Américaine fina­le­ment auto­ri­sée à se rendre en Espagne

Andrea Prudente s’était vu refu­ser un avor­te­ment médi­cal à Malte, où ce n’est pas auto­ri­sé, alors que son foe­tus ne sur­vi­vra pas et que sa san­té est en danger.

Andrea Prudente a fina­le­ment été auto­ri­sée à se rendre en Espagne pour y inter­rompre sa gros­sesse, rap­porte The Guardian, ce jeu­di 23 juin. Un sou­la­ge­ment pour cette Américaine de 38 ans, qui était jusqu’ici blo­quée à Malte, pays où l’avortement médi­cal n’est pas auto­ri­sé. La gros­sesse d’Andrea n’est pour­tant plus viable et met en dan­ger sa san­té, a rap­por­té, la veille, la BBC.

Tout a com­men­cé la semaine der­nière. Alors qu’Andrea Prudente et son com­pa­gnon Jay Weeldreyer sont tran­quille­ment en vacances à Malte, Andrea, enceinte de seize semaines, com­mence à perdre abon­dam­ment du sang. Ils se rendent en urgence à l’hôpital où l’échographie révèle que le bébé va bien, mais très vite la femme perd les eaux. Les nou­veaux exa­mens réa­li­sés montrent que le pla­cen­ta s’est par­tiel­le­ment déta­ché de l’utérus, sa gros­sesse n’est plus viable. 

Problème, le cœur du bébé bat encore et à Malte, pays qui inter­dit tout avor­te­ment, cela signi­fie que les méde­cins ne pour­ront pas mettre fin à sa gros­sesse. Consigne a donc été don­née au couple d’attendre et de reve­nir dans 48 heures. Deux jours plus tard, une troi­sième écho­gra­phie confirme alors que « le liquide amnio­tique est par­ti ». Le couple append que leur bébé, même si son cœur bat tou­jours, « ne va pas sur­vivre », pré­cise Jay Weeldreyer à la BBC

Risque d’infection élevé

À la dou­leur de perdre un enfant s'ajoute ensuite l'interminable attente à l'hôpital. « Les méde­cins attendent que le bat­te­ment de cœur s’arrête, ils attendent qu’Andrea fasse une fausse-​couche ou qu’elle ait une infec­tion qui met­tra sa vie en dan­ger », a aler­té Jay Weeldreyer, pour qui les méde­cins mal­tais « jouent à pile ou face avec la vie de la mère ». « Avec l'hémorragie et la sépa­ra­tion du pla­cen­ta de l'utérus, avec la mem­brane com­plè­te­ment rom­pue et le cor­don ombi­li­cal du bébé dépas­sant du col de l'utérus d'Andrea, elle court un risque d'infection extra­or­di­nai­re­ment éle­vé, qui pour­rait être évi­té », martèle-​t-​il auprès du média britannique.

Après une longue attente, Andrea Prudente devrait enfin être éva­cué ce jeu­di vers l’île espa­gnole de Majorque où elle subi­ra un avor­te­ment médi­cal. Une éva­cua­tion labo­rieuse, les risques de fausse-​couche et de com­pli­ca­tions en vol ayant décou­ra­gé au départ tous les trans­por­teurs aériens. « La com­pa­gnie d'assurance a fina­li­sé les arran­ge­ments pour qu'ils soient trans­por­tés par avion jusqu’à Majorque », a décla­ré l’avocate du couple, Lara Dimitrijevic, auprès du Guardian.

Majoritairement catho­lique et conser­va­teur, Malte, archi­pel situé dans le sud de l’Europe, est le der­nier bas­tion de l’Union euro­péenne à inter­dire tota­le­ment l’avortement, même lorsque le fœtus n’a aucune chance de sur­vie. Chaque année, cinq cents Maltaises doivent ain­si avor­ter dans l’isolement et l’illégalité. Les peines peuvent aller jusqu’à trois ans de pri­son pour les femmes et les per­sonnes qui les aident, quatre ans pour les méde­cins. En mai 2021, le gou­ver­ne­ment mal­tais a écar­té une pro­po­si­tion de loi ouvrant le droit à l’avortement dans le pays. Pour l’heure, il ne compte pas chan­ger les textes ni les sanc­tions pré­vues par la loi. 

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