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Capitole de l'État de l'Oklahoma © Wikimédia Commons

Oklahoma : la liste des États amé­ri­cains à vou­loir res­treindre l’accès à l’IVG s'allonge

Si le gou­ver­neur de l’Oklahoma approuve le pro­jet de loi de ses légis­la­teurs, les pres­ta­taires de san­té ris­que­raient jusqu’à 10 ans de pri­son et 10 000 dol­lars d’amende pour avoir par­ti­ci­pé à un avortement.

À 70 voix contre 14, les légis­la­teurs de la Chambre de l’Oklahoma ont approu­vé hier soir le pro­jet de loi 612, qui cri­mi­na­lise l’avortement à moins qu’il ne soit effec­tué en cas d’urgence médi­cale met­tant en dan­ger les jours de la femme enceinte. Le per­son­nel médi­cal à l’origine d’une IVG ne ren­trant pas dans ce cadre ris­que­rait jusqu'à 10 ans de pri­son et 100 000 dol­lars d’amende. 

Dernière étape du pro­ces­sus juri­dique, la mesure va main­te­nant être envoyée au gou­ver­neur de l’État, Kevin Stitt, répu­bli­cain, qui affir­mait en avril 2021 sur Twitter « tenir sa pro­messe de signer chaque texte de loi pro-​vie ». Si le gou­ver­neur approuve celui-​ci, les femmes ne pour­ront plus avor­ter en Oklahoma (sauf excep­tion sus­men­tion­née) à par­tir du 26 août 2022, date de son entrée en vigueur selon le bureau du gref­fier du Sénat. 

D’après Emily Wales, la pré­si­dente de Planned Parenthood Great Plains, ce pro­jet de loi n’est qu’une par­tie des mesures anti-​avortement en cours d'élaboration dans l'État d’Oklahoma, qui pour­rait éga­le­ment habi­li­ter les citoyen·nes à pour­suivre au civil les pres­ta­taires médi­caux effec­tuant des IVG. Ce dis­po­si­tif est déjà en cours au Texas, où depuis sep­tembre 2021, les femmes ont vu se réduire l’accès à l’avortement aux six pre­mières semaines de gros­sesse. Depuis, beau­coup d’entre elles se rendent dans les États limi­trophes pour avoir recours à des inter­rup­tions de gros­sesses, par­mi les­quels… l’Oklahoma. « Près de la moi­tié des patientes [pour avor­te­ment] que les pres­ta­taires de l'Oklahoma reçoivent actuel­le­ment sont des réfu­giées médi­cales du Texas », déclare dans un com­mu­ni­qué une coa­li­tion de groupes de défense du droit à l'avortement, dont l'A.C.L.U. d'Oklahoma et l'Oklahoma Call for Reproductive Justice.

Lire aus­si : Idaho : un nou­vel État amé­ri­cain limite l’accès à l’avortement

Les lois « pro-​vie » adop­tées ces der­niers mois par nombre d’États à majo­ri­té répu­bli­caine (le Texas et l’Idaho en tête, avec les lois les plus res­tric­tives mais aus­si la Floride et le Kentucky) s’inscrivent dans un contexte par­ti­cu­lier : l’affaire Dobbs contre Jackson Women's Health Organization. La Cour Suprême exa­mine actuel­le­ment cette affaire du Mississipi qui a vou­lu limi­ter l’accès à l’avortement à 15 semaines alors que l’arrêt Roe v. Wade (1973) affirme le droit des Américaines à avor­ter jusqu’à envi­ron la 22ème semaine de grossesse. 

Si les juges de la Cour Suprême ont lais­sé sous-​entendre qu’ils pour­raient reve­nir sur cet arrêt, celui-​ci n’a pas encore été annu­lé et les mesures limi­tant l’avortement « par anti­ci­pa­tion » pour­raient bien se voir taxer d’anticonstitutionnelles si tel n’était fina­le­ment pas le cas.

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