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©daniel james

Iran : deux les­biennes et mili­tantes LGBTQ condam­nées à mort

La Cour révo­lu­tion­naire d’Ourmia, dans le nord-​ouest de l’Iran, a condam­né à la peine de mort deux mili­tantes les­biennes, Zahra Sediqi Hamedani et Elham Chubdar, pour « pro­mo­tion de l’homosexualité ».

Elles ont 31 et 24 ans. Zahra Sedighi Hamedani et Elham Chubdar, deux mili­tantes les­biennes accu­sées de pro­mou­voir l’homosexualité, ont été condam­nées à mort en Iran, a aler­té ce lun­di 5 sep­tembre Hengaw, une orga­ni­sa­tion de défense des droits humains kurde. 

D’après l’ONG, les deux jeunes femmes, condam­nées le 1er sep­tembre par la Cour révo­lu­tion­naire d’Ourmia (nord-​ouest), sont actuel­le­ment déte­nues dans le quar­tier réser­vé aux femmes de la pri­son de la ville. Une condam­na­tion confir­mée par l’Autorité judi­ciaire ira­nienne qui pré­cise, dans un com­mu­ni­qué publié lun­di sur le site Mizan Online, la qua­li­fi­ca­tion de « cor­rup­tion sur terre », soit la charge la plus lourde du code pénal ira­nien. Une charge pénale qui, selon l’organisation Amnesty International inter­ro­gée par Têtu, com­prend « la pro­mo­tion de l’homosexualité », « la com­mu­ni­ca­tion avec des médias hos­tiles à la République isla­mique » ain­si que « la pro­mo­tion du chris­tia­nisme ». Selon Hengaw, une troi­sième femme, Soheila Ashrafi, 52 ans, éga­le­ment incar­cé­rée dans les geôles de la pri­son d’Ourmia pour les mêmes rai­sons, attend elle-​aussi son verdict.

Appel à la mobilisation

Depuis l’annonce de la condam­na­tion des mili­tantes, plu­sieurs ONG appellent la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale à se mobi­li­ser pour empê­cher leur exé­cu­tion. « Nous exhor­tons main­te­nant l’Allemagne et d’autres gou­ver­ne­ments étran­gers à faire pres­sion » sur l’Iran afin de par­ve­nir à la libé­ra­tion des mili­tantes, a ain­si décla­ré Shadi Amin, coor­di­na­trice de l’organisation ira­nienne de défense des droits des per­sonnes LGBTQ 6Rang, basée en Allemagne.

Le sort de Zahra Sedighi Hamedani – éga­le­ment connue sous le nom de Sareh – sus­cite de vives inquié­tudes depuis plu­sieurs mois déjà. Cette mili­tante LGBTQ de pre­mier plan dans le pays a été arrê­tée par les forces de sécu­ri­té ira­niennes le 27 octobre 2021 à la fron­tière entre l’Iran et la Turquie, où elle comp­tait deman­der l’asile. Zahra Sedighi Hamedani a ensuite été mise à l’isolement pen­dant près de deux mois avant de rejoindre la pri­son d’Ourmia. En jan­vier, Amnesty International avait alors indi­qué que les accu­sa­tions contre la mili­tante tenaient à sa défense des droits des per­sonnes LGBTQ sur les réseaux sociaux ain­si qu’à son appa­ri­tion dans un docu­men­taire de la BBC dif­fu­sé en mai 2021 sur les per­sé­cu­tions subies par les per­sonnes LGBTQ au Kurdistan ira­kien, où elle se trouvait.

Lire aus­si I Soudeh Rad : loin de l’Iran, près du queer

Se sachant en dan­ger, Zahra Sedighi Hamedani avait envoyé, avant sa fuite vers la Turquie, des vidéos à 6Rang en deman­dant à l’ONG de les rendre publiques si elle était mena­cée. « Je veux que vous sachiez à quel point nous, les per­sonnes LGBT, subis­sons des pres­sions. Nous ris­quons notre vie pour nos émo­tions. […] mais nous trou­ve­rons notre vraie iden­ti­té […] J’espère qu’un jour vien­dra où nous pour­rons toutes et tous vivre en liber­té dans notre pays […] Maintenant, je suis en route vers la liber­té. J’espère arri­ver sans encombre. Si je réus­sis, je conti­nue­rai à m'occuper des per­sonnes LGBT […] Si j'échoue j'aurai don­né ma vie pour la cause », disait-​elle dans l’une des vidéos, ren­due publique par l'ONG après son arrestation.

Selon l’organisation Hengaw, ni Zahra Sedighi Hamedani ni Elham Chubdar n’ont pu avoir accès, pour l’heure, à un·e avocat·e au cours de leur déten­tion. Si les droits des per­sonnes LGBTQ demeurent inexis­tants en Iran depuis la révo­lu­tion de 1979 et que le pays exé­cute régu­liè­re­ment des hommes en rai­son de leur homo­sexua­li­té, « c’est la pre­mière fois que des femmes sont condam­nées à mort en Iran en rai­son de leur orien­ta­tion sexuelle », pointe la mili­tante Shadi Amin. Cette der­nière a lan­cé une péti­tion sur le site 6Rang pour obte­nir l’annulation de leur condam­na­tion. Elle a reçu à ce jour plus de 27 000 signatures.

Un rap­port publié en avril par les ONG Iran Human Rights (IHR) et Ensemble contre la peine de mort (ECPM) recen­sait au moins 333 per­sonnes exé­cu­tées en Iran en 2021, soit 25 % de plus qu’en 2020. 

Lire aus­si I La lutte armée des Kurdes ira­niennes pour la liberté

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