Tayc en show case à la salle du saphir à Akwa Décembre 2020 06
Tayc en concert en 2020 © Wikimedia commons

Puisqu'il faut l'expliquer à Tayc : non, le viol d'une femme pen­dant son som­meil n'est pas un acte romantique

ÉDITO. Pour son label, l'EP ROOM 96 du chanteur Tayc, n'est rien moins que « le plus beau projet de l’année ». Peu importe que l'album contienne Quand tu dors, un titre faisant l'apologie du viol conjugal.

Jugez plutôt : « T'es tellement belle quand tu dors / Pourquoi te dire ? / Et pourquoi prévenir ? / Ça ne t'demandera aucun effort [...] / Mais toi tu dors encore / Tu n'entends pas le bruit de la pluie / Au milieu de la nuit, je ressens ton envie / Toi tu dors encore / Tes lèvres sont fermées mais j'entends ton appel / Je dois hanter ton sommeil / T'as mis mon pyjama préféré / Je n'aurai pas grand chose à t'enlever / Et ne m'en veux pas si je descends / Je n'peux pas faire ça sans que ton corps soit préparé [...] »

Calibrée pour passer pour une énième ballade romantique de Tayc (l'EP est d'ailleurs sorti le 14 février, trop mignon), la chanson avait déjà été présentée à au moins un des concerts du « prince de l'afrolov », comme le montrent ces images diffusées par BRUT. Sans que cela ne fasse visiblement scandale.

Cette fois, la sortie du titre dans un album validé par le label Play Two a indigné sur les réseaux sociaux. Prudent, Tayc a alors annoncé sur Instagram retirer Quand tu dors des plateformes de streaming en ces termes : « La chanson Quand tu dors fait débat, raison pour laquelle je l'ai retirée temporairement. Néanmoins, cette chanson reste musicalement parlant ma préférée du projet, alors je vais la réécrire comme il se doit, pour moi, pour nous et pour qu'elle soit bien mieux comprise de tous. » « Faire débat », « retrait temporaire », « musicalement [sa] préférée »... Rien ne va dans cette annonce sans excuse et en plus, c'est nous qui avons mal compris, pas lui qui a déraillé dans les lyrics. Impeccable. Quant au label, il est resté silencieux face à la polémique, ce qui est bien pratique pour enterrer l'affaire.

Qu'on ne nous parle pas, ici, de liberté créatrice de l'artiste : oui, un artiste et ses œuvres peuvent jouer l’ambiguïté, questionner, déranger. Mais quand il s'agit de raconter par le menu les délices que représente le viol d'une femme durant son sommeil en faisant passer l'acte pour le comble du romantisme, il n'y a plus d'ambiguïté. Juste un sentiment de toute-puissance mâtiné d'indécente bêtise.

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