Témoignages : sous la couette, elles et ils aiment la simplicité

Des adeptes des plus grands clas­si­cos du boule (dont le titre revient, il faut l’admettre, au mis­sion­naire) nous ont racon­té leurs adap­ta­tions per­son­nelles et pour­quoi ils aiment la sim­pli­ci­té. Florilège de témoignages.

Clément

24 ans

"Je suis avec ma copine depuis six ans. On fait glo­ba­le­ment l’amour de la même façon à chaque fois. Câlin, caresses, mis­sion­naire, levrette. On s’est deman­dé si le fait de faire le même enchaî­ne­ment tout le temps n’était pas un peu triste. On a conclu que non. Si on se met­tait à se fouet­ter ou à faire des trucs un peu dif­fé­rents, j’ai le sen­ti­ment que ce serait “faire des jeux sexuels pour faire des jeux sexuels”. Les plans à plu­sieurs, ça ne m’a jamais tra­ver­sé l’esprit. On pour­rait se dire que c’est “deux fois plus de plai­sir”. Moi, je res­sens un côté gênant. On a tes­té l’anal une fois par curio­si­té. On s’est aus­si fil­més une fois et on a regar­dé des vidéos por­no, deux fois. Mais on a fini par se sen­tir gênés. Un pote m’a dit qu’il avait 1 000 euros de maté­riel genre menottes. Il m’a aus­si conseillé une appli de jeux coquins. On a tes­té. C’était exci­tant, mais très vite, on s’est dit que ça nous saou­lait de suivre un script, alors on l’a éteinte et on a fait l’amour normalement." 

Luc*

40 ans

"J’ai un copain régu­lier et une copine régu­lière. J’ai renon­cé à la péné­tra­tion. J’ai donc un registre assez limi­té. Des câlins, de la mas­tur­ba­tion réci­proque, des petits frot­tis frot­ta… La décrois­sance du sexe, c’est ça : se conten­ter de peu et prendre un maxi­mum de plai­sir sur ce petit peu. Dans l’extravagance, on veut tou­jours faire plus, être plus libre, bri­ser les tabous – et Dieu sait que j’en ai bri­sé –, mais ça perd en sim­pli­ci­té. J’ai explo­ré ces choses-​là. À 21–22 ans, je suis allé me faire asti­co­ter avec un gode dans une backroom par le pro­prié­taire des lieux… L’idée peut encore m’exciter. Mais ce que je veux aujourd’hui dans ma vie intime, c’est faire plus varié et plus cool, avec moins. "

chef A
©Besse

Sophie

45 ans

"Après dix-​huit ans de vie com­mune, je trouve mon mec tou­jours aus­si beau, tou­jours aus­si atti­rant, mais par­fois, je n’ai sim­ple­ment pas envie de faire l’amour. On a trois enfants, cha­cun un bou­lot à temps plein, on a pas­sé la qua­ran­taine : on est cre­vés ! Finalement, un rap­port sexuel dans notre lit, de temps en temps le ven­dre­di soir après avoir regar­dé la télé, ça me va très bien. Le délire de se chauf­fer sur la table de la cui­sine avec des acces­soires, ça ne m’excite pas du tout. Je vais sur­tout avoir peur que les gamins débarquent et ça va tota­le­ment me blo­quer ! Pareil pour un éven­tuel plan à plu­sieurs, je pas­se­rais plus de temps à me deman­der ce que les autres pensent de moi plu­tôt qu’à prendre du plai­sir. Ce que j’éprouve dans le confort du connu et sans folie me plaît beau­coup. On a che­mi­né ensemble, on sait quelles caresses plaisent à l’autre, ce qui marche, et je n’éprouve vrai­ment aucun besoin de cham­bou­ler tout ça."

Françoise

66 ans

"Avant, je pen­sais que les gens en couple depuis long­temps s’ennuyaient. Depuis que je suis avec ma com­pagne – ça fait vingt et un ans –, j’ai com­pris que ça ne se passe pas comme ça. On ne fait pas trente mille choses dif­fé­rentes et pour­tant, ça n’est jamais pareil. Il arrive qu’il y ait des siestes cra­pu­leuses, des caresses lors d’une balade dans les bois, mais pas besoin de ça pour que ce soit beau. Ça peut paraître cucul, mais si je devais qua­li­fier ma sexua­li­té, je dirais qu’elle s’épanouit comme une fleur. Cette image montre que les choses ne se font pas en un jour. Pas comme les plans cul qui font du sexe un sché­ma de consom­ma­tion pour maxi­mi­ser son res­sen­ti. La sexua­li­té, ça n’est pas que l’orgasme. C’est aus­si la recherche pré­cieuse d’une rela­tion d’égale à égale."

Sacha

28 ans

"Je ne fais pas toute une mon­tagne de la sexua­li­té. Ma copine et moi, on ne construit pas notre couple autour de ça. Je n’ai jamais eu de délire par­ti­cu­lier. Et je ne suis même pas tou­jours très à l’aise avec ces parties-​là. Je me suis posé des ques­tions, car par­fois, on voit les hommes comme des machines à sexe qui doivent jouir sans arrêt, sans jamais s’arrêter. Surtout dans le por­no. Donc même là, mes goûts sont simples. Je peux quit­ter un truc en trois secondes si je vois que c’est de la grosse indus­trie. J’aime plu­tôt les trucs ama­teurs clas­siques et lents, qui prennent le temps."

Lucie

28 ans

"Mon copain aime les trucs clas­siques. Missionnaire, ama­zone, bran­lette et puis câlin. C’est très ras­su­rant, là où cher­cher à faire des trucs nou­veaux sans arrêt crée une forme de stress désa­gréable. Coucher ensemble tous les quinze jours, me mas­tur­ber tous les trois jours, ça me va par­fai­te­ment. La méta­phore de la crois­sance est per­ti­nente… Avec mon ex on ten­dait vers l’illimité, alors qu’il y a des limites : celles du corps et de ce que la rela­tion peut sup­por­ter. Il ne faut pas les oublier, sinon, le sys­tème s’effondre. Aujourd’hui, ça roule. Quand tu ne cherches pas cin­quante mille posi­tions, les muscles se relâchent aus­si. J’ai le sen­ti­ment d’être dans quelque chose d’adulte où je construis. Comme mes amies ne sont pas dans les extrêmes non plus, je ne me sens pas nulle ni anormale. "

plan à trois A 1
©Besse

Morgan

49 ans

"Je suis tom­bée amou­reuse de ma com­pagne à 26 ans. Nos vingt-​trois ans de vie intime ne res­semblent abso­lu­ment pas à ce qui peut être mon­tré de la sexua­li­té les­bienne ! Quand je vois la manière dont c’est repré­sen­té au ciné­ma, je me demande : “elle est où, notre liber­té là-​dedans ?” Ces images cor­res­pondent aux fan­tasmes mas­cu­lins : il y a des gode­mi­chets, ce genre de choses… Nous, nous avons une sexua­li­té clas­sique, simple et rare. En termes de posi­tions, c’est mis­sion­naire [en se frot­tant la vulve mutuel­le­ment pour se don­ner du plai­sir, ndlr]. Parfois, on vrille et on passe à l’envers. J’ai aus­si pra­ti­qué le cun­ni­lin­gus – en me pro­té­geant, je tiens à le pré­ci­ser ! Quand on arrive à un cer­tain âge, on n’envisage plus les choses de la même façon. Parfois, on a moins d’énergie. On ose deman­der et être dans plus d’échange. Ça per­met de se foca­li­ser sur ce que l’autre aime vrai­ment et ce que l’on pré­fère soi. La ten­dresse prend le dessus. "

Clémentine

26 ans

"J’ai remar­qué que la sexua­li­té qu’on est en train de construire avec mon mec – c’est une his­toire récente – est très tran­quille. On est très mis­sion­naire. Il me dit qu’il n’aime pas les posi­tions où il est loin de moi. C’est agréable, car je ne res­sens pas de pres­sion à per­for­mer des trucs de ouf… C’est en contraste avec ce que j’entends autour de moi. Des copines parlent de claques, de sou­mis­sion, de menottes, de sex­toys… C’est une sorte de mode que je sens mon­ter depuis quelques années. Dans ma vie d’avant, il y avait des mecs qui vou­laient se faire appe­ler “Daddy”. Gifler pen­dant l’acte, sans for­cé­ment me deman­der avant, par­fois dès le pre­mier soir. Des trucs ins­pi­rés du BDSM, mais qui n’appliquent pas tout l’écosystème de consen­te­ment et de care propre au milieu. Je me demande si ce sont vrai­ment des choses qu’on fait parce que ça fait du bien ou parce qu’on se dit “en 2021, c’est ça, le bon sexe”. Mon “bon sexe de 2021” est bien différent !"

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