depakine
© capture écran france-assos-sante.org

Les parents d'enfants malades brisent le silence autour de l’usine Sanofi, pro­duc­trice de la Dépakine

Selon des infor­ma­tions du jour­nal Le Monde, une plainte a été dépo­sée pour mise en dan­ger d’autrui par la mère de deux enfants souf­frant de troubles simi­laires à ceux cau­sés par la Dépakine, un anti­épi­lep­tique. La plai­gnante n’a jamais pris ce médi­ca­ment, mais est expo­sée à des émis­sions de l’usine Sanofi depuis de nom­breuses années.

Cette affaire “pour­rait poten­tiel­le­ment être un scan­dale sani­taire”, explique au Monde Mélanie S., maman de deux enfants atteints d’autisme. Elle tra­vaille à proxi­mi­té de l’usine Sanofi de Mourenx, dans les Pyrénées-​Atlantiques, et a por­té plainte mer­cre­di der­nier contre X pour mise en dan­ger d’autrui auprès du pôle san­té publique du tri­bu­nal judi­ciaire de Paris. La plai­gnante sus­pecte les rejets dans l’air de val­proate de sodium, prin­cipe actif de la Dépakine, autour du site de l’usine Sanofi d’avoir cau­sé des troubles neu­ro­dé­ve­lop­pe­men­taux chez ses deux enfants. Mélanie S. n’a jamais pris de Dépakine – médi­ca­ment anti­épi­lep­tique res­pon­sable de mal­for­ma­tions et de troubles chez des enfants expo­sés in ute­ro –, mais dit avoir été expo­sée à des rejets dans l’atmosphère. En 2018, une ana­lyse a éga­le­ment révé­lé la pré­sence de val­proate de sodium dans le sang de la mère de famille. Toujours selon Le Monde, plu­sieurs rive­raines de l’usine et tra­vailleuses fré­quen­tant la zone indus­trielle s’interrogeraient aujourd’hui sur le lien entre les émis­sions de Sanofi et les mala­dies de leurs enfants. 

Commercialisée depuis 1967 par Sanofi, la Dépakine a été recon­nue res­pon­sable l’année der­nière de mal­for­ma­tions et de troubles chez les enfants dont les mères ont été trai­tées avec cet anti­épi­lep­tique pen­dant leur gros­sesse. Les rejets mas­sifs dans l’atmosphère de val­proate de sodium et de bro­mo­pro­pane (can­cé­ro­gène, muta­gène et repro­toxique pos­sible) par l’usine Sanofi de Mourenx sont connus depuis 2018, et une infor­ma­tion judi­ciaire est ouverte depuis 2022. “Cette mise en dan­ger n’est pas que théo­rique, car des familles rive­raines, qui n’ont jamais consom­mé de Dépakine pres­crite par un méde­cin, souffrent des effets indé­si­rables liés à l’exposition à ce médi­ca­ment pen­dant la gros­sesse”, expose dans Le Monde MCharles Joseph-​Oudin, avo­cat de Mélanie S. et de l’Association d’aide aux parents d’enfants souf­frant du syn­drome de l’anticonvulsivant (Apesac). Les enfants de la plai­gnante souffrent de trouble du spectre de l’autisme (TSA), de troubles rela­tion­nels, de crises de colère, de larmes, de dif­fi­cul­tés de concen­tra­tion et d’attention, de troubles ORL, de troubles visuels, de maux de tête… Autant de symp­tômes qui cor­res­pondent aux effets liés à l’exposition in ute­ro à la Dépakine. 

Aurélie* détaille quant à elle auprès de France Info “des sortes d’absences et comme des crises de vio­lence” appa­rues chez son fils de 8 ans en 2018, plus d’un an après l’installation de la famille à Mourenx, à proxi­mi­té de l’usine Sanofi. “Il a été diag­nos­ti­qué épi­lep­tique. On l’a trou­vé deux fois inani­mé en train de s’étouffer dans son vomi”, poursuit-​elle. Face à ces troubles du déve­lop­pe­ment, qui néces­si­te­ront des adap­ta­tions à vie chez ces enfants, parents et asso­cia­tions réclament répa­ra­tion et que lumière soit faite sur l’impact des rejets de l’usine Sanofi sur la popu­la­tion et les enfants de la zone. Des exi­gences qui se heurtent à l’omerta qui règne autour de Sanofi, un indus­triel impor­tant pour la région. “J’ai été contac­tée par plu­sieurs familles et aujourd’hui il y en a plus de dix qui sont dans des démarches, mais il y a une omer­ta totale. C’est une grosse entre­prise. Peut-​être qu’une libé­ra­tion de la parole via cette pre­mière plainte va ouvrir la porte à d’autres plaintes”, explique à France Info Marine Martin, pré­si­dente de l’Apesac, l’association des vic­times de la Dépakine. Interrogée par Le Monde, l’usine dit quant à elle ne pas avoir connais­sance des pour­suites enga­gées ce mer­cre­di 15 novembre. 

* pré­nom d'emprunt

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