Séries
Les séries Rurangi, Les Randonneuses, The Good Mothers et Abysses (©Arte, TF1, Disney, France TV)

Notre sélec­tion de séries à voir (ou à revoir) cet été

Une série néo-​zélandaise sur les rela­tions entre un fils trans et son père, une mini­sé­rie fran­çaise drôle et tou­chante réunis­sant six femmes tou­chées, de près ou de loin, par le can­cer, ou encore un pro­gramme inter­na­tio­nal poli­tique et éco­lo­gique sur les ani­maux marins qui se rebiffent… Voici de quoi pas­ser quelques après-​midi ou soi­rées d'été, au frais, à la maison.

Rurangi, de Max Currie

On est d'accord, des récits qui relatent le retour d'un fils pro­digue sur des terres pater­nelles plus ou moins accueillantes, on en a vu un paquet. À croire que cette para­bole, tout droit sor­tie du Nouveau Testament, titille la psy­ché de bien des auteurs (allo papa, bobo) ! Ça n'est pas une rai­son pour bou­der Rurangi, série néo-​zélandaise inédite en France qui en reprend le thème prin­ci­pal. Car der­rière son dérou­lé clas­sique, a prio­ri bali­sé, elle creuse un sillon nou­veau, intri­gant et même tout à fait audacieux.

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Jugez plu­tôt : Rurangi suit le par­cours sen­sible de Caz, acti­viste trans d'à peine 30 ans, qui, après avoir per­du l'homme qu'il aimait, décide de reve­nir à Rurangi, la petite com­mu­nau­té rurale où il a gran­di et qu'il a quit­tée bru­ta­le­ment dix ans aupa­ra­vant. Son objec­tif est aus­si clair que sin­cère : il veut renouer avec son père, un fer­mier old school avec lequel il n'a plus de contact depuis sa transition…

Bien sûr, ce qui frappe ici, c'est la place accor­dée à Caz (les per­sonnes trans ont rare­ment l'occasion d'être des figures de pre­mier plan dans une série ou dans un film), de même que le milieu auquel il est confron­té (à la pro­blé­ma­tique père tradi/​fils queer s'ajoute celle de la culture mao­rie). Mais le regard que Cole Meyers (scé­na­riste) et Max Currie (réa­li­sa­teur) portent sur Caz et ses ami·es est éga­le­ment sai­sis­sant car cha­leu­reux, posi­tif et direct (les épi­sodes sont courts, ils vont à l'essentiel). Ces deux auteurs ont choi­si de pri­vi­lé­gier la dou­ceur au drame : une démarche inha­bi­tuelle. Boostée par le cha­risme de Elz Carrad, dans le rôle de Caz (tous les per­son­nages trans sont inter­pré­tés par des acteur·rices trans), leur série se révèle jus­te­ment dif­fé­rente in fine.

Série de 5 épi­sodes de 20 min. Sur Arte.tv.

Les Randonneuses, de Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Anna Fregonese

Il est des ascen­sions plus toniques que d'autres ! Celle à laquelle vous convie cette mini­sé­rie fran­çaise en fait par­tie : non seule­ment elle atteint des som­mets ines­pé­rés, com­bi­nant humour, tact et pro­fon­deur avec allant, mais ses six épi­sodes vous feront « mar­cher » de bout en bout, grâce (notam­ment) à la jus­tesse sans faille de son cas­ting six étoiles (de Clémentine Célarié, pri­mée à Séries Mania, à Camille Chamoux, en pas­sant par Alix Poisson, Joséphine de Meaux, Claire Borotra et Tiphaine Daviot).

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Le défi était de taille, pour­tant. Créée par trois autrices tenaces – Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Anna Fregonese -, Les Randonneuses nous entraîne dans le sillage de six femmes réunies mal­gré elles par le can­cer. Six drôles de dames, malades ou en rémis­sion, qui ont pro­mis de dis­per­ser, là-​haut sur la mon­tagne, les cendres d'une amie décé­dée… Celle-​là même qui a per­mis à leur petit groupe hété­ro­clite d'exister et, sur­tout, de goû­ter aux bien­faits de la sororité.

Sujet déli­cat, dif­fu­seur grand public (TF1) : le déni­ve­lé pou­vait sem­bler injouable au départ. Fatale erreur ! Cette ran­don­née alpine, nichée le long du somp­tueux, quoique peu enga­geant, dôme de la Lauze, en Isère, donne à voir avec finesse (sans mélo inutile) et jubi­la­tion (ça vanne un peu, beau­coup, pas­sion­né­ment ) le com­bat de ces femmes en souf­france (chaque épi­sode s'attache, sans fausse pudeur, au par­cours de l'une d'elles) mais en marche… Plus que jamais à la décou­verte d'elles­ mêmes.

Série de 6 épi­sodes de 52 min. Sur TF1.

The Good Mothers, de Stephen Butchard
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Être une bonne fille, une bonne épouse et une bonne mère : voi­là à quoi se réduit le sort des femmes de la mafia cala­braise, au mieux mino­rées et sur­veillées, au pire mena­cées et bat­tues. Surtout quand elles osent rêver d'une vie à elles. S'inspirant de faits réels, The Good Mothers (une série anglo-​italienne, d'où son titre « inter­na­tio­nal ») suit le par­cours de trois d'entre elles, qui ont osé bri­ser l'omerta – au péril de leur vie- sous la hou­lette d'une pro­cu­reure aus­si cou­ra­geuse qu'elles. Filmée en Calabre, cette créa­tion ori­gi­nale donne à voir, pour la pre­mière fois, un point de vue exclu­si­ve­ment fémi­nin sur cette mafia qui fas­cine tant les réa­li­sa­teurs… La camé­ra ne les lâche pas une seconde, jus­te­ment aiman­tée par ces person­nages (et ces actrices) hors du com­mun, nous pro­je­tant dans un huis clos aus­si oppres­sant que passionnant.

Série de 6 épi­sodes de 60 min. Sur Disney+.

Abysses, de Frank Doelger
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Adaptée du roman Abysses de Frank Schätzing, la série du même nom est émi­nem­ment poli­tique et éco­lo­gique. Aux quatre coins de la pla­nète, des phé­no­mènes étranges se pro­duisent : des baleines et des orques attaquent les humains, des homards se rebiffent et aspergent les cuisinier·ères d'un liquide toxique avant d'être ébouillan­té, et des crabes blancs enva­hissent les côtes. Si une sub­stance orga­nique serait à l'origine du chan­ge­ment dans le com­por­te­ment de ces ani­maux, la cause est évi­dem­ment l'action de l'homme sur la nature et le cli­mat. Cette série hale­tante, por­tée par un cas­ting inter­na­tio­nal impec­cable, a des airs de dys­to­pie mais paraît néan­moins de plus en plus plau­sible, face au dérè­gle­ment cli­ma­tique qui se déroule sous nos yeux, dans la vraie vie. Le pro­gramme fait donc légè­re­ment froid dans le dos, mais donne envie d'agir pour ne pas tom­ber dans ce cau­che­mar marin.

Série de 8 épi­sodes 60 minutes. Sur France TV.

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