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© Mémento

“Sortir de l’ombre”, un docu­men­taire inédit sur l’homophobie aux Antilles

Dans le docu­men­taire Sortir de l’ombre, dif­fu­sé ce soir sur France 3, la réa­li­sa­trice Anna Roch donne la parole à des per­sonnes LGBTQ+ mar­ti­ni­quaises, long­temps res­tées dans le silence en rai­son du tabou ambiant dans les socié­tés antillaises encore très hété­ro­nor­mée et conservatrice. 

Ce mer­cre­di 17 mai se tien­dra la jour­née inter­na­tio­nale de la lutte contre l’homophobie, la trans­pho­bie et la bipho­bie. En sou­tien, France.tv dif­fuse ce lun­di soir le docu­men­taire Sortir de l’ombre, sur La1ere.fr, l'offre numé­rique Outre-​mer de France Télévisions à 18h, et sur France 3 à 00.05. Dans ce docu­men­taire dis­po­nible par la suite en replay, la réa­li­sa­trice donne la parole à des per­sonnes ori­gi­naires de Martinique, ou y rési­dant encore, qui reviennent sur la décou­verte de leur orien­ta­tion sexuelle, les dis­cri­mi­na­tions et agres­sions aux­quelles elles ont dû faire face en Martinique et plus géné­ra­le­ment dans les Antilles, où les socié­tés conser­va­trices tolèrent encore peu l’expression des différences. 

Les pre­mières minutes du docu­men­taire nous emmènent chez Noam Sinseau, un Martiniquais qui habite à Paris depuis 2018, où il vit du stand-​up. Ici, il se sent plus libre d'être lui-​même, et c’est avec l’humour qu’il raconte aux Parisien·nes qui il est. L’autodérision est pour lui une manière de faire pas­ser un mes­sage, celui d’être une per­sonne queer, gay et noir. À l’aide de Nadia Chonville, doc­teure en socio­lo­gie, la réa­li­sa­trice pro­pose dans ce docu­men­taire une ana­lyse des ori­gines de l’homophobie en Martinique. En s’appuyant sur les témoi­gnages, le film montre com­ment l’homophobie a notam­ment trou­vé ses sources dans l'histoire de la colo­ni­sa­tion et dans l'importance cultu­relle des sté­réo­types de genre qui valo­risent la virilité.

Mais mal­gré le poids social de la famille, la volon­té de « pré­ser­ver l’honneur fami­lial » et la place accor­dée aux convic­tions reli­gieuses en Martinique, Anna Roch donne la parole à Noam, Brice, Léon, Angel et Alan qui ont eu le cou­rage de Sortir de l’ombre, d’affronter le regard social des Martiniquais·es. Ils et elles ont osé bra­ver le qu'en-dira-t-on, les moque­ries et les insultes et sont devenu·es des militant·es engagé·es pour que d’autres n'aient pas à subir ce qu’eux ont vécu.

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© Mémento

Le docu­men­taire mêle aux témoi­gnages de sublimes images de la Martinique. L’eau tur­quoise rayonne aux anti­podes des dis­cours homo­phobes livrés par la socié­té mar­ti­ni­quaise. Au fil des récits, l’authenticité et la pudeur avec les­quelles ces Martiniquais·es racontent leur his­toire nous plongent avec eux et elles dans cette socié­té conser­va­trice qui les a constam­ment rejeté·es. Des his­toires inédites et tou­chantes, comme celle de Brice, pré­sident d’une asso­cia­tion LGBTQ+ et vic­time d’une ten­ta­tive d’homicide à carac­tère homo­phobe. Cette agres­sion lui a coû­té un œil et l’a contraint à vivre pour tou­jours dans la peur. 

Un docu­men­taire bou­le­ver­sant et didac­tique qui rap­pelle que la route pour faire valoir les droits des per­sonnes LGBTQ+ et faire évo­luer les men­ta­li­tés aux Antilles, est encore longue.

À lire aus­si I "Guet-​apens": dans un docu­men­taire sidé­rant, Mediapart enquête sur les per­sonnes pié­geant les homos et bis sur les sites de rencontre

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