fbpx

Ce que les zom­bies disent de nous

Chaque mois, un cher­cheur, une cher­cheuse, nous raconte sa thèse sans jar­gon­ner. Quand on a vu qu’un fes­ti­val de phi­lo­so­phie sur la Zombie Theory* était orga­ni­sé cet automne, on n’a pas résis­té à l’envie d’interroger l’un des par­ti­ci­pants, Karim Charredib. Sa thèse en arts plas­tiques porte sur les zom­bies au ciné­ma. Où l’on apprend que leurs corps alté­rés portent des mes­sages poli­tiques sur les crises de la socié­té moderne.

116 la these karim charredib placide babilon pour causette
© Placide Babilon pour Causette

Causette : D’où viennent les zom­bies ?
Karim Charredib :
La figure du zom­bie est appa­rue en Afrique de l’Ouest, puis s’est déve­lop­pée en Haïti au XVe siècle. Christophe Colomb et ses suc­ces­seurs y avaient dépor­té des esclaves. Là-​bas, ils ont syn­thé­ti­sé leurs reli­gions, ce qui a don­né le vau­dou et, notam­ment, les zom­bies. Le mythe vou­lait qu’il s’agisse de per­sonnes que l’on empoi­son­nait avec un pro­duit des­ti­né à ralen­tir les fonc­tions du corps. Les vic­times étaient décla­rées mortes, enter­rées, puis déter­rées en secret, pour être main­te­nues dans cet état pas­sif et ser­vir d’esclaves dans les champs. Cette image exprime la condi­tion d’esclave. Car le drame du zom­bie, c’est de devoir conti­nuer à tri­mer, sans pou­voir mou­rir.
C’est d’abord une allé­go­rie, mais il existe aus­si un vrai témoi­gnage de zom­bisme : celui d’un[…]

La suite est réservée aux abonné·es.

identifiez-vous pour lire le contenu
Ou
Abonnez-vous à partir de 1€ le premier mois
Partager
Articles liés
brazier suite 6

Eugénie Brazier, la cheffe aux 6 étoiles

Avant d’être une reine auréolée de six étoiles au Michelin, elle fut une gamine en sabots, une jeune fille chassée de chez elle, une travailleuse qui ne comptait pas ses heures, mais surveillait son porte-monnaie.