Harriet Tubman, l’enchaînée déchaînée

Née esclave aux environs de 1820 dans le Maryland, Harriet Tubman va se défaire de ses chaînes en s’enfuyant vers le nord des États-​Unis. Elle rejoint l’Underground Railroad, une organisation secrète qui aide des esclaves noirs à passer du Sud vers le Nord, et en libère à elle seule plus de trois cents.

portrait of harriet tubman 1820 1913 american abolitionist by benjamin f. Powelson Auburn New York USA 1868
Portrait d’Harriet Tubman à Auburn (État de New York), par
Benjamin F. Powelson, 1868. © Glasshouse Images /​Alamy
Stock Photo – Danielle Macinnes

Que peut bien ressentir une personne qui, à l’approche de ses 30 ans, se retrouve soudainement libre après une vie de servage ? « Quand je me rendis compte que j’avais passé la frontière, je regardai mes mains pour voir si j’étais toujours la même personne, raconte, en 1869, Harriet Tubman à sa biographe Sarah Bradford. Tout autour devint splendeur. Le soleil doré traversa les arbres et se répandit sur les champs : j’étais comme au paradis. » Nous sommes alors en 1849 et l’esclave noire a réussi l’exploit de traverser la frontière entre le Maryland, État esclavagiste, et la Pennsylvanie, où l’esclavage est aboli comme dans tout le nord des États-​Unis. C’est grâce à sa foi et à son audace qu’elle a pris la route seule, au mépris des risques. Bientôt, elle n’a plus qu’une idée en tête : revenir pour récupérer sa fratrie, afin de lui faire goûter son privilège de fuyarde : la liberté.

C’est qu’Harriet vient d’une famille nombreuse, elle a huit frères et sœurs, et les liens qui l’attachent à sa famille sont puissants. Née Araminta Ross dans le Maryland en 1820 (ou 1821 ou 1822 selon d’autres estimations) de parents esclaves, Harriet et Ben, elle choisit de porter le prénom de sa mère pour lui rendre hommage. Elle a connu le pire. Nourrice en « location » dès 6 ans, elle est rossée par sa maîtresse lorsqu’elle ne parvient pas à calmer les pleurs du bébé dont elle a la garde. « Comme l’immense majorité des esclaves, Harriet a subi nombre de sévices, humiliations et violences, nous explique Anne Garrait-​Bourrier, professeure des études culturelles nord-​américaines à l’université[…]

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