SE 403 Unit 00544 RT
© 2022 Netflix, Inc

“Si on parle de ça à Mamie, elle va grim­per aux rideaux” : parents et ados nous racontent l’expérience “Sex Education” en famille

La qua­trième et der­nière sai­son de la série est actuel­le­ment dif­fu­sée sur Netflix. On a deman­dé à des parents et des ados fans de nous racon­ter ce que Sex Education leur apporte et les dis­cus­sions qu’elles provoquent.

Ils et elles regardent ensemble sur le cana­pé ou chacun·e dans sa chambre, sur son ordi­na­teur ou son smart­phone : suc­cès catho­dique, Sex Education fédère depuis 2019 parents et ados. La série créée par Laurie Nunn met en scène un groupe de lycéen·nes bri­tan­niques déluré·es, réuni·es, dans la pre­mière sai­son, autour d’un jeune puceau, Otis (Asa Butterfield) et de sa mère, sexo­thé­ra­peute sans filtre (Gillian Anderson).

Est-​ce bien de leur âge ? Pour les parents, la ques­tion se pose : “Quand j’ai vu la série pour la pre­mière fois, je me suis deman­dé si ma fille Léonie [14 ans à l’époque, ndlr] devait regar­der, car c’est très cash,” se sou­vient Gaëlle, Grenobloise de 56 ans. À Bordeaux, dans une autre famille, Esseline, 15 ans, avait com­men­cé le vision­nage en sixième, avec sa mère, avant d’arrêter : “Finalement, elle m’a dit que c’était trop tôt, les pre­mières scènes l’ont cho­quée.” L’adolescente s’y est remis l’an der­nier, elle a tout bin­gé en classe de troi­sième et dis­cute de la série avec ses ami·es et sa mère. Il est vrai que Sex Education ne lésine pas sur les scènes d’intimité fron­tales et met en scène de savou­reux moments cringe (gênants) : “À regar­der, je trouve ça plu­tôt comique, mais à vivre, ça doit être affreux !” s’amuse Léonie, la fille de Gaëlle, aujourd’hui âgée de 18 ans. La jeune fille et sa mère regardent toutes les deux depuis la pre­mière sai­son : enthou­siastes, elles ont trou­vé dans la série un écho à leur vie fami­liale, qui a vu se suc­cé­der le départ du père et l’arrivée au sein du foyer de la fille d’ami·es de la famille, les­bienne. “On avait déjà de la faci­li­té à par­ler de ces sujets”, recon­naît Léonie. “Mais ça a ouvert une porte,” com­plète sa mère. Pour d’autres, Sex Education a flui­di­fié la conver­sa­tion et dis­si­pé la gêne pour abor­der la sexua­li­té en famille : chez Anabel, Parisienne de 52 ans, et ses filles, Sibylle, 21 ans et Tessa, 24 ans “Ça nous a fait par­ler de nos familles. La série nous ren­voie à la situa­tion et aux réac­tions de chaque géné­ra­tion, y com­pris des grands-​parents : par exemple, si on parle de ça à Mamie, elle va grim­per aux rideaux,” s’amuse la mère.

Petit·es et grand·es s’accordent sur les ver­tus péda­go­giques de cette fic­tion et la diver­si­té des sujets abor­dés : “La série parle de la sexua­li­té d’un gar­çon en fau­teuil rou­lant, elle montre plu­sieurs gar­çons gays, pas juste un seul, les filles peuvent vou­loir être avec un gar­çon et ensuite avec une fille…”, liste Gaëlle. C’est sur­tout un ton, celui d’une comé­die décul­pa­bi­li­sante qui séduit le jeune public : “J’aime bien le fait d’apprendre des choses de manière simple et rigo­lote, sans gra­vi­té”, com­mente Sibylle.

Au col­lège, le tabou de l’homosexualité masculine

Si Léonie avoue ne pas trou­ver la série réa­liste, elle consi­dère son per­son­nage pré­fé­ré, celui d’Eric (Ncuti Gatwa), jeune gay noir out comme un modèle qu’elle ne retrouve pas par­mi ses proches : “J’ai un seul copain gay et qui le dit”, déplore-​t-​elle. Esseline confirme : “Les gar­çons gays, c’est très tabou. Dans mon col­lège, je pense qu’il y en a plu­sieurs, mais per­sonne n’ose s’assumer. C’est plus facile pour les filles.”

Pour les géné­ra­tions adultes, la série vient com­bler un manque d’information ances­tral, constatent les parents avec une pointe de jalou­sie : “Moi, j’avais 18 ans en 1986, autant dire qu’aucun des sujets abor­dés dans la série n’était men­tion­né à l’école ou avec les copains ! iro­nise Gaëlle. Je suis de la géné­ra­tion où l’on ne se posait pas la ques­tion de son orien­ta­tion sexuelle : on était hété­ro, avec le mariage, le chien et la mai­son.” Ce fos­sé entre géné­ra­tions mis à jour par la série est aus­si pal­pable pour Anabel : “Moi, ça m’a fait évo­luer. Pour mes filles, tout ce que montre Sex Education est nor­mal, alors que moi, ça me fait réflé­chir. Par exemple, la flui­di­té de genre, le fait de consi­dé­rer toutes les sexua­li­tés à éga­li­té et que ce soit simple à chaque fois, pas hété­ro­nor­mé comme mes parents. En cin­quante ans, on a chan­gé de monde. Leur géné­ra­tion est mili­tante, convain­cue et il ne faut pas faire d’impair quand on parle de ces sujets-​là.” Selon son âge, chacun·e y trouve son compte et des ver­tus péda­go­giques. “Je n’ai rien appris de nou­veau sur la sexua­li­té grâce à la série, remarque Gaëlle, mais j’ai appris des choses sur la jeu­nesse, ce que c’est avoir 20 ans en 2020 et ça a l’air chouette ! Ce que je trouve fan­tas­tique, c’est l’ouverture et l’intelligence. Avant, la dif­fé­rence entre queer ou asexuel, c’était des sujets qu’on n’abordait pas. Un mec habillé en femme en boîte de nuit, c’était for­cé­ment un fou furieux.”

La série vient éga­le­ment pal­lier ales man­que­ments des séances d’éducation sexuelle dis­pen­sée en milieu sco­laire : “Au col­lège, en qua­trième, on en parle, mais c’est super­fi­ciel, juge Esseline. Sex Education parle de beau­coup de sujets tabous qu’on aborde peu au col­lège. Ce sont des sujets que j’ai l’impression de devoir connaître, mais dont on m’avait rare­ment par­lé, comme le vagi­nisme ou la pre­mière fois qu’on met un tam­pon. Ou encore, les gar­çons qui se com­parent entre eux.” “En termes de repré­sen­ta­tion, je n’avais jamais vu une per­sonne non binaire à la télé­vi­sion. La série parle de cli­to­ris alors qu’à l’école, ça n’existait même pas dans les manuels sco­laires,” pointe Sybille. Sa sœur, Tessa, com­plète : “Le dis­cours de la série est très ouvert et en phase avec tout ce dont on peut par­ler entre amis et ce qui se passe en ce moment autour de nous.”

Slider image

© 2022 Netflix, Inc

Slider image

© 2022 Netflix, Inc

Slider image

© 2022 Netflix, Inc

Slider image

© 2022 Netflix, Inc

Slider image

© 2022 Netflix, Inc

Slider image

© 2022 Netflix, Inc

Sex Education, sai­son 4, dis­po­nible sur Netflix.

Partager
Articles liés

Inverted wid­get

Turn on the "Inverted back­ground" option for any wid­get, to get an alter­na­tive sty­ling like this.

Accent wid­get

Turn on the "Accent back­ground" option for any wid­get, to get an alter­na­tive sty­ling like this.