fbpx

Petites Luxures, l’érotisme à l’encre de Chine

Depuis six ans, l’illustrateur Simon Frankart s’intéresse au plus brû­lant des sept péchés capi­taux avec son compte Instagram, Petites Luxures.

capture decran 2020 12 16 a 18.12.34
© Instagram Petites Luxures

Des lignes noires sur un fond blanc des­si­nant des sil­houettes qui s’entrelacent. Les des­sins éro­tiques du compte Petites Luxures font rou­gir Instagram depuis 2014. Chaque semaine, son créa­teur Simon Frankart régale ses 1,3 mil­lions d’abonné.es en retra­çant, à l’encre de Chine, les contours de l’intimité et des plai­sirs sexuels. Un engoue­ment qui pousse même l’illustrateur fran­çais à tra­duire – et expli­quer – sys­té­ma­ti­que­ment ses posts en anglais pour sa com­mu­nau­té. 

La for­mule de ce suc­cès ? L’ingéniosité d’un trait qui com­bine illus­tra­tion éro­tique mini­ma­liste voire inache­vée et légende séman­tique évo­ca­trice. « L’avale-hanche », « zone de mouillage », « prendre son pied à terre », « joyeux cun­ni­ver­saire ». Jouer sur les mots, là est l’autre talent de l’auteur et des­si­na­teur. « Généralement, je trouve d’abord le jeu de mot, l’expression, la réfé­rence cultu­relle avant de des­si­ner, indique Simon Frankart. Ce que j’aime le plus c’est détour­ner des expres­sions qui ne sont pas éro­tiques. » Et pour déni­cher ces mots, l’homme s’inspire de son quo­ti­dien. « J’ai un Google doc avec plus de 400 idées que je trouve n’importe où, même en vacances à la mon­tagne », plai­sante celui qui conserve une part de mys­tère en ne dévoi­lant pas son âge.

« On n’imaginait pas qu’un homme puisse faire des illus­tra­tions éro­tiques »

Dessiner l’intime n’était pour­tant pas une voca­tion née pour Simon Frankart. L’illustrateur d’origine cham­pe­noise est d’ailleurs long­temps res­té ano­nyme avant de sor­tir du bois en 2018. « Les gens pen­saient qu’une femme tenait le compte Petites Luxures. On n’imaginait pas qu’un homme puisse faire des illus­tra­tions éro­tiques », constate Simon. Un homme donc, qui a débu­té l’odyssée des Petites Luxures un peu par hasard. Il y a 6 ans, cloué au lit par une grippe, celui qui est alors gra­phiste crayonne des sil­houettes entre­la­cées dans son car­net de cro­quis, incom­plètes à cause de la fièvre. Remis sur pied, le des­si­na­teur redé­couvre ses des­sins, les trouve inté­res­sants et les poste donc sur Instagram. Le compte Petites Luxures est né. 

« Je des­sine tou­jours dans des car­nets, je com­mence par un cro­quis rapide, puis j’encre en pre­nant soin de ne faire appa­raître que les élé­ments néces­saires à la com­pré­hen­sion. Ça me per­met de pou­voir tout sug­gé­rer. » Un trait qui per­met éga­le­ment à Simon de contour­ner la cen­sure sévère des réseaux sociaux, sans tou­te­fois tou­jours y échap­per. « Ça arrive pour quelques des­sins, pas les “plus chaud” d’ailleurs. Celui d’une main dans une petite culotte bro­dée d’une fleur si je me sou­viens bien. » 

Dessiner l’intime sans tabou 

Malgré cette pro­hi­bi­tion digi­tale, un seul cre­do pour le père des Petites Luxures : pas de tabou. Plan à trois, fel­la­tion, plai­sir soli­taire, couple homo­sexuel et les­bien… Simon Frankart ne se refuse rien. Le des­si­na­teur insiste d’ailleurs sur la place de l’imaginaire en notant que « la par­tie la plus exci­tante du des­sin, ce sont les lec­teurs qui se l’imaginent eux-​mêmes. » Une façon pour son mil­lion d’abonné·es de s’approprier ses créa­tions. « Ils s’envoient mes des­sins pour par­ler de choses qu’ils n’oseraient dire avec des mots, sou­ligne Simon. J’aime l’idée que les gens se draguent avec mes des­sins. » 

Pour flir­ter, vous décom­plexer, vous amu­ser des jeux de mot ou sim­ple­ment appré­cier l’art pic­tu­ral des Petites Luxures, rendez-​vous donc sur Instagram. Et qui sait, vous y décou­vri­rez peut-​être même de nou­velles façons d’expérimenter votre sexua­li­té. « Une jeune femme très émue m’a un jour confié que mes des­sins l’ont aidé à sur­mon­ter cer­tains com­plexes qu’elle avait dans l’intimité, conclut Simon. C’est très tou­chant car fina­le­ment, on a tous les mêmes pro­blé­ma­tiques quand on est à poil dans sa chambre ».


Depuis ses débuts, Petites Luxures a élar­gi son ter­rain de jeu

Simon Frankart a expo­sé ses sil­houettes éro­tiques en France, en Italie et aux États-​Unis, une expo­si­tion étant d’ailleurs pré­vue en août 2021 à San Francisco. Le des­si­na­teur a éga­le­ment inves­ti les librai­ries en com­pi­lant ses illus­tra­tions sen­suelles dans deux ouvrages : Histoires intimes en octobre 2019 et Le Diascope Petites Luxures en octobre 2020, tous deux publiés aux édi­tions Hoebeke.


Partager

Cet article vous a plu ? Et si vous vous abonniez ?

Chaque jour, nous explorons l’actualité pour vous apporter des expertises et des clés d’analyse. Notre mission est de vous proposer une information de qualité, engagée sur les sujets qui vous tiennent à cœur (féminismes, droits des femmes, justice sociale, écologie...), dans des formats multiples : reportages inédits, enquêtes exclusives, témoignages percutants, débats d’idées… 
Pour profiter de l’intégralité de nos contenus et faire vivre la presse engagée, abonnez-vous dès maintenant !  

 

Une autre manière de nous soutenir…. le don !

Afin de continuer à vous offrir un journalisme indépendant et de qualité, votre soutien financier nous permet de continuer à enquêter, à démêler et à interroger.
C’est aussi une grande aide pour le développement de notre transition digitale.
Chaque contribution, qu'elle soit grande ou petite, est précieuse. Vous pouvez soutenir Causette.fr en donnant à partir de 1 € .

Articles liés