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Pour protester contre le vaste projet de ligne ferroviaire HS2, Gail Bradbrook a escaladé, le 15 octobre à Londres, l’entrée du ministère des Transports et a commencé à attaquer la vitre blindée au marteau… avant d’être interpellée. © Joe Twigg

Gail Bradbrook, une déso­béis­sante très civile

Gail Bradbrook a cofon­dé Extinction Rebellion et mène de spec­ta­cu­laires actions de déso­béis­sance civile au Royaume-​Uni pour aler­ter sur l’urgence cli­ma­tique. Causette l’a ren­con­trée chez elle, à Stroud. En 2020, elle entend don­ner un nou­veau souffle au mou­ve­ment, alors que l’environnement est deve­nu une des prio­ri­tés pour les Britanniques.

Elle s’excuse d’emblée. Débordée, Gail Bradbrook n’a pas eu le temps de déjeu­ner. Elle gri­gnote à la va-​vite une tar­tine à la confi­ture d’abricot, se pré­pare un thé Earl Grey, puis s’installe sur un cana­pé recou­vert d’une cou­ver­ture en soie tibé­taine. Pour par­ve­nir à la ren­con­trer, il a fal­lu insis­ter pen­dant plu­sieurs mois. Celle qui est deve­nue l’une des femmes les plus média­ti­sées du Royaume-​Uni – aus­si adu­lée que détes­tée – accorde peu d’interviews. Chez elle, dans sa mai­son de Stroud, dans le sud-​ouest de l’Angleterre, l’intérieur est cosy, zen. Des gra­vures boud­dhistes côtoient une che­mi­née en briques rouges, sur laquelle cli­gnote une guir­lande. Ses livres de che­vet s’empilent sur une table : Boudicca, récit de l’épopée de Boadicée, la Vercingétorix bre­tonne, Effondrement, le célèbre essai de Jared Diamond, ou encore Poor People’s Movements (« les mou­ve­ments popu­laires », non tra­duit), un clas­sique de la socio­lo­gie des mou­ve­ments sociaux. Au dos de son écran de PC trône un sym­bole deve­nu viral : un sablier à l’intérieur d’un cercle qui repré­sente la Terre. Le logo d’Extinction Rebellion. Comme pour rap­pe­ler que c’est ici qu’est né le mou­ve­ment éco­lo radi­cal, qui, depuis un an, mène des actions coup de poing à tra­vers le monde pour dénon­cer l’inaction des gou­ver­ne­ments face à la crise cli­ma­tique. 

Physicienne sur­douée

En octobre 2019, pour sa troi­sième « rébel­lion », le mou­ve­ment a encore frap­pé fort au Royaume-​Uni. Près de 30 000 mili­tants ont para­ly­sé l’aéroport de Londres, blo­qué des minis­tères, bou­clé des sec­teurs du Parlement et de la Banque d’Angleterre… Depuis quelques mois, Extinction Rebellion – « XR », de son petit nom – a essai­mé dans soixante-​dix capi­tales, dont Paris, New York et Berlin. « En avril 2018, nous étions une quin­zaine dans cette pièce. On dis­cu­tait déjà depuis quelques mois de la créa­tion d’Extinction Rebellion et, cette fois-​là, on s’est dit : on se lance ! » se remé­more Gail Bradbrook, pier­cing nasal et béret beige vis­sé sur la tête.

Aujourd’hui âgée de 47 ans, elle dit rêver de « chan­ger le monde » depuis qu’elle est ado. « À 14 ans, je me suis ins­crite au Parti éco­lo­giste après avoir par­ti­ci­pé à des actions de pro­tec­tion des ani­maux. » Au sein[…]

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