Johanna Villenave-​Chasset : la cher­cheuse qui fait mouche

Elle a un métier hors du com­mun. Johanna Villenave-​Chasset s’est spé­cia­li­sée dans l’entomologie, l’étude des insectes, et vadrouille un peu par­tout en France pour com­prendre leur impact sur les para­sites. Les agri­cul­teurs et agri­cul­trices à la recherche d’une alter­na­tive bio­lo­gique aux pes­ti­cides lui disent mer­ci. Et nous aus­si !

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© William Beaucardet pour Causette

Sa pano­plie laisse rêveur·se. Un filet à papillons dans une main, un aspi­ra­teur à bouche pour col­lec­ter les petites bêtes dans l’autre, Johanna Villenave-​Chasset semble tout droit sor­tie d’un livre pour enfants. Dans les allées d’un ver­ger de la Marne, elle s’adonne à son acti­vi­té favo­rite pour le moins dérou­tante : la chasse aux insectes. La qua­ran­taine tout juste pas­sée, la Nantaise d’origine exerce comme ento­mo­lo­giste depuis douze ans pour son labo­ra­toire de recherche appli­quée, Flor’Insectes. Sa pas­sion et son métier tournent autour de l’étude des insectes. Et plus pré­ci­sé­ment des insectes auxi­liaires, les pré­da­teurs de ce monde minus­cule, capables d’éradiquer les para­sites enne­mis de tout agri­cul­teur. Les cocci­nelles sont les plus connues, mais les syrphes, sortes de petites mouches rayées, ou encore les chry­sopes, bes­tioles vertes fili­formes à quatre ailes, jouent un rôle fon­da­men­tal. Elles se régalent de puce­rons ou de coche­nilles, des rava­geurs qui peuvent détruire des cultures entières. 

Johanna Villenave-​Chasset connaît tout cela par cœur puisqu’elle conseille en ville comme à la cam­pagne les culti­va­teurs – agri­cul­teurs, viti­cul­teurs, maraî­chers, jar­di­niers – pour faire reve­nir ces auxi­liaires et ten­ter ain­si de dimi­nuer au maxi­mum la consom­ma­tion de pes­ti­cides. Elle pré­cise aus­si­tôt : « Je suis ento­mo­lo­giste et éco­lo­giste. Je cherche à com­prendre pour­quoi tel ou tel insecte est là et quels liens il entre­tient avec les pay­sages. » Quelles fleurs choi­sir ? Où pla­cer des haies ? Tant de ques­tions essen­tielles aux­quelles répondre pour que ces alliés du jar­di­nier reviennent dans les cultures et jouent leur rôle de des­truc­teurs de para­sites.

Les polé­miques crois­santes autour des effets des pes­ti­cides donnent une nou­velle enver­gure à son métier. Le gly­pho­sate, lié depuis tou­jours à l’image de l’herbicide Roundup, crée la contro­verse. Et il est loin d’être le seul. La prise de conscience s’accélère et l’entomologiste en voit les effets immé­diats : « Depuis l’interdiction des néo­ni­co­ti­noïdes [des insec­ti­cides, ndlr] en sep­tembre [2018], les agri­cul­teurs se posent de plus en plus de ques­tions. La demande est beau­coup plus impor­tante. Ça a même explo­sé. Il faut bien qu’ils trouvent d’autres moyens pour lut­ter contre les rava­geurs. » Johanna Villenave-​Chasset leur offre une alter­na­tive convain­cante, ren­for­cée par ses lumières en matière de bêtes à six pattes.

Scientifique vision­naire

Son goût pour cet uni­vers du tout-​petit, elle l’a décou­vert à la fin des années 1990, lors de ses études de bio­lo­gie à[…]

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