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Assetou Coulibaly : La Damidot des quartiers

Décoratrice, Assetou Coulibaly démo­cra­tise le beau en pro­po­sant ses ser­vices aux loca­taires des loge­ments sociaux de Clichy-​sous-​Bois et d’Aubervilliers, en Seine-​Saint-​Denis. Bien plus qu’une couche de pein­ture, cette ini­tia­tive, sou­te­nue par les bailleurs et les élus locaux, apporte aux per­sonnes modestes une touche de confiance en soi.

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©Cha Gonzalez pour Causette

Les mains sur les hanches, Assetou Coulibaly contemple le salon de Yanice, habi­tant de la rési­dence de la Dhuis, à Clichy-​sous-​Bois (Seine-​Saint-​Denis). Sa tresse des­cend comme un point d’interrogation sur son épaule. Mais c’est une excla­ma­tion qui jaillit de la bouche de la tren­te­naire : « Franchement, vous avez assu­ré ! » Dans l’appartement de 37 mètres car­rés, le sol est recou­vert d’une bâche. Des rou­leaux et des pin­ceaux tout neufs attendent d’être sor­tis du plas­tique. « J’ai même com­men­cé à peindre un mur », montre Yanice. Assetou hoche la tête : « Tout est car­ré… » 

Une heure pour les motiver

Ce matin, elle aide Yanice à peindre son salon. Elle est déjà venue une pre­mière fois pour l’accompagner dans le réagen­ce­ment de la pièce. « On a bou­gé le cana­pé pour déga­ger l’espace », explique-​t-​elle. Avant de pour­suivre : « Ce qui serait bien, main­te­nant, ce serait de mettre des petites touches de ver­dure… » Mandatée par le bailleur social qui gère la rési­dence, Assetou Coulibaly pro­pose un coa­ching déco aux loca­taires qui en font la demande. Yanice a ren­con­tré Assetou au pied de l’immeuble où elle venait expli­quer son pro­jet : une heure pour les aider à être mieux chez eux·elles et enclen­cher des petits travaux.

« Tu m’as bien accos­té ! » sou­rit le chauf­feur poids lourd. « C’est vrai que pour les loca­taires, ce n’est pas tou­jours évident d’ouvrir leur porte, confie Assetou. On entre dans leur inti­mi­té… » L’idée de venir pro­po­ser ses ser­vices aux habitant·es des quar­tiers popu­laires lui est venue durant le pre­mier confi­ne­ment. « J’ai aimé être dans mon appart à ce moment-​là, raconte-​t-​elle. Mais je voyais aus­si plein de familles qui étaient les unes sur les autres dans le leur. Le Covid a per­mis de mettre le doigt sur ce malaise. Dans un loge­ment rafraî­chi, épu­ré, on se sent mieux… » 

« La déco et moi, c’est zéro. J’aurais peut-​être pu avoir quelques idées, mais, par flemme, sans Assetou, je n'aurais rien fait »


Yanice, habi­tant de la rési­dence de la Dhuis, à Clichy-sous-Bois

En novembre 2020, la déco­ra­trice, qui est à la tête de la socié­té Dessine Moi Mon Cocon*, pose alors ses idées sur le papier. Elle contacte, via Facebook, Olivier Klein, le maire PS de Clichy-​sous-​Bois, sa ville natale. « Il a tout de suite sou­te­nu le pro­jet », se sou­vient Assetou. Des bailleurs sociaux emboîtent le pas. La jeune femme tra­vaille désor­mais à Clichy, mais aus­si à Aubervilliers. Les loca­taires béné­fi­cient gra­tui­te­ment de ses ser­vices : ce sont les col­lec­ti­vi­tés et les bailleurs qui rému­nèrent son tra­vail. Des habitant·es qui se sentent mieux dans leur appar­te­ment en pren­dront logi­que­ment plus soin, tout comme des par­ties com­munes. Pas éton­nant, donc, que le pro­jet inté­resse les acteur·rices du loge­ment social. 

Ne jamais faire à leur place

Dans le salon de Yanice, le mur prin­ci­pal se[…]

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