Mécanique des fluides

119  les choses de la vie  thibault leveque
©Thibault Leveque

« Jeanne et moi on est amies d’enfance « à la vie, à la mort » depuis notre pre­mier amour par­ta­gé, Léo, le beau gosse du CP. Mis à part Léo, on a aus­si par­ta­gé les jeux, ­l’adolescence, les rêves, les pre­mières fois. 

On aimait beau­coup la liber­té, les moby­lettes, les olives aux anchois, la vie qui va vite, qui donne des fris­sons, se mettre la tête à l’envers, en musique, en joints, en alcool. On a connu beau­coup de fins de soi­rées épiques, titu­bantes, on se fichait des matins dou­lou­reux, le crâne lourd et la pau­pière gon­flée. On était jeunes, ivres, invin­cibles. 

Et puis je suis par­tie ailleurs faire les études, une vie, des enfants. Elle est res­tée au vil­lage. À chaque retour au bled, je voyais Jeanne. Inchangée, tou­jours libre, sans famille.

À chaque fois, nous avions de nou­veau 15 ans, on met­tait la musique à fond, on pogo­tait dans un nuage de fumée en éclu­sant des litres de bière tout en hur­lant les refrains en mau­vais anglais. 

Mon foie met­tait de plus en plus de temps à s’en remettre, mais Jeanne pou­vait recom­men­cer dès le len­de­main midi à décap­su­ler les bou­teilles avec son bri­quet, parce qu’« il faut vite ral­lu­mer la chau­dière si tu[…]

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