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©Peter Potrowl/Wikimedia Commons

Violences sexuelles : le prêtre Tony Anatrella sanc­tion­né par le dio­cèse de Paris, mais pas déchu de son titre

Tony Anatrella, 81 ans, accu­sé de vio­lences sexuelles contre des jeunes hommes, a été sanc­tion­né par le dio­cèse de Paris, a‑t-​on appris mar­di. Le prêtre et psy­cha­na­lyste a été enjoint d'arrêter toute acti­vi­té de thérapeute. 

Farouche oppo­sant au Pacs et au mariage pour tou·tes, le prêtre et psy­cha­na­lyste Tony Anatrella, 81 ans, accu­sé de vio­lences sexuelles contre des jeunes hommes, a été sanc­tion­né par le dio­cèse de Paris, où il offi­ciait, mais n'a pas été déchu de son sta­tut de prêtre, a annon­cé mar­di l'institution dans un com­mu­ni­qué, consul­té par Libération et Le Parisien.

À l'issue d'un pro­cès cano­nique enga­gé par le dio­cèse de Paris, il a été « enjoint à l’intéressé de renon­cer immé­dia­te­ment et sans délai à toute acti­vi­té pro­fes­sion­nelle comme thé­ra­peute » et de se reti­rer dans « une vie de prière », apprend-​t-​on dans le com­mu­ni­qué. Les sanc­tions prises à son encontre lui inter­disent éga­le­ment de célé­brer publi­que­ment la messe, de confes­ser, de publier des ouvrages, de par­ti­ci­per à des mani­fes­ta­tions publiques ou des col­loques et d’accompagner spi­ri­tuel­le­ment des fidèles.

En 2018, il avait été inter­dit de tout minis­tère, confes­sion ou acti­vi­té thé­ra­peu­tique par l'archevêque de Paris, rap­por­tait à l'époque Le Monde. Il avait, en outre, déjà été obli­gé de ces­ser son acti­vi­té de thé­ra­peute en 2018. Mais Tony Anatrella avait fait des recours contre ces sanctions.

Des accu­sa­tions depuis 2001

Surnommé le « psy de l’Eglise », Tony Anatrella avait été accu­sé pour la pre­mière fois il y a près de 20 ans, en 2001, par Daniel L., un ancien sémi­na­riste. En 2008, trois plaintes pour agres­sions sexuelles n'avaient pas abou­ti devant la jus­tice répu­bli­caine, notam­ment car les faits étaient prescrits. 

En 2016, de nou­velles accu­sa­tions avaient vu le jour. L’un de ses accu­sa­teurs avait notam­ment évo­qué une « bonne dizaine » de « séances spé­ciales » en 2010–2011, soit « une demi-​heure d’attouchements », sui­vie d’« une demi-​heure de débrie­fing sur le res­sen­ti, les émo­tions », indi­quait Le Monde.

Plusieurs médias, dont Libération, avaient alors recueilli les témoi­gnages d’hommes dénon­çant des attou­che­ments au cours de séances ayant pour but offi­ciel de les « gué­rir » de leur homo­sexua­li­té, par une approche cor­po­relle. Le dio­cèse de Paris avait ouvert une enquête interne, abou­tis­sant aux sanc­tions de 2018. En 2019, le témoi­gnage de Pascal B., mineur au moment des faits, avait enfin relan­cé l’affaire, ouvrant la voie au pro­cès cano­nique enga­gé par le dio­cèse de Paris. 

Une déci­sion « pas cohérente »

Me Nadia Debbache, l’avocate des plai­gnants, estime auprès de Libération que « cette déci­sion n’est pas cohé­rente » : « Les faits repro­chés à Anatrella sont d’une telle gra­vi­té qu’ils devaient conduire à un son ren­voi. C’est incom­pré­hen­sible, d’autant que les témoi­gnages des vic­times ne sont pas remis en cause. »

Selon le quo­ti­dien, il est inédit que le dio­cèse de Paris rende publiques les sanc­tions à l’encontre de Tony Anatrella car les déci­sions cano­niques demeurent géné­ra­le­ment secrètes. Me Nadia Debbache demande que la déci­sion soit trans­mise à l’évêque du lieu où réside le prêtre afin de s'assurer du contrôle des sanc­tions. Et que le prêtre ne reçoive vrai­ment plus de patients.

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