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Le 19 février 2019 dans l'hémicycle, le député Sébastien Nadot brandit une pancarte dénonçant la vente d'armes françaises à l'Arabie saoudite © Nouriel Malka

Sébastien Nadot : « Les dépu­tés de la majo­ri­té qui la jouent lar­moyants sur les enfants enfer­més en centres de réten­tion admi­nis­tra­tive, je ne les sup­porte plus »

Série : Il était une loi 3/​6

À quelques semaines des légis­la­tives, Causette donne la parole à des député·es qui ont por­té haut des valeurs huma­nistes à l’Assemblée. Ce mer­cre­di, le dépu­té de Haute-​Garonne indé­pen­dant Sébastien Nadot, qui s’est spé­cia­li­sé sur l’accueil des réfugié·es, répond à nos questions.

Causette : Quelle est la chose dont vous êtes le plus fier, en tant que dépu­té ?
Sébastien Nadot :
Avoir voté en décembre 2018, en plein mou­ve­ment des Gilets jaunes, contre le bud­get 2019 parce que je me dis alors : les gens que je repré­sente, s’ils savaient, ils ne seraient pas d’accord. Un dépu­té LREM s’est abs­te­nu, moi je vote contre. Trois jours après, soit deux avant Noël, on vote une loi dite d’urgence sociale, por­tée par Macron. C’est d’un cynisme. Puis, il y a eu le grand débat pour empa­paou­ter tout le monde. Je ne com­prends pas les dépu­tés de la majo­ri­té, sont-​ils benêts ou cyniques ?
Bref, je suis deve­nu le mou­ton noir, on m’a exclu et on m’a refour­gué le bureau de Gilbert Collard, qui par­tait au Parlement euro­péen, ça sen­tait encore le cigare et Le Pen est deve­nue ma voi­sine de palier, j’étais ravi. 

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Être exclu de LREM, rétros­pec­ti­ve­ment, ça a été libé­ra­teur ?
S.N. :
Je ne dirais pas ça, car je me suis tou­jours consi­dé­ré comme un homme libre, mais c’était la condi­tion pour le res­ter. J’étais un novice, pas vrai­ment assu­ré, mais je crois avoir fait mon devoir de par­le­men­taire en mon âme et conscience. « Tout man­dat impé­ra­tif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est per­son­nel », indique d’ailleurs la Constitution.
En tant que non-​inscrit, comme on ne béné­fi­cie plus de la force de tra­vail d’un groupe, il devient très dif­fi­cile de maî­tri­ser l’ensemble des sujets, on finit par sélec­tion­ner. Je me suis retrou­vé à prendre la parole à pro­pos de choses sur les­quelles je n’avais aucune com­pré­hen­sion, donc je par­tais sur un autre sujet.
Par exemple lors d’un débat dans l’hémicycle sur que faire des postes lais­sés vides par les dépu­tés bri­tan­niques quit­tant le Parlement euro­péen à la suite du Brexit. Moi, ce sujet me dépasse et je ne pense pas qu’il soit cru­cial de légi­fé­rer sur le nombre d’élus fran­çais au Parlement euro­péen. Je décide donc de par­tir sur le finan­ce­ment euro­péen d’Exxelia Technologies,[…]

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