fbpx

Précarité étu­diante : la ren­trée s’annonce difficile

Trois mois après le décon­fi­ne­ment, les consé­quences éco­no­miques de la crise sani­taire semblent s’inscrire dans la durée. Premières vic­times de cette crise : les étu­diants. Près des trois quarts ont ren­con­tré des dif­fi­cul­tés finan­cières pen­dant le confi­ne­ment et galèrent encore. Les 11 et 12 août, la dis­tri­bu­tion de colis ali­men­taires orga­ni­sée par l’association Humanity Diaspo a réuni 617 étu­diants. Mais la prin­ci­pale orga­ni­sa­tion étu­diante, La Fage, pré­vient : « La ren­trée risque d’être com­pli­quée. »

20200811 120513
© C.B.

« Mes seuls repas de la jour­née se résument au café du matin et au dîner. Mes dif­fi­cul­tés se sont aggra­vées pen­dant le confi­ne­ment parce que je ne pou­vais plus tra­vailler comme inté­ri­maire pour arron­dir mes fins de mois. En revanche, je devais conti­nuer à payer mon loyer en rési­dence Crous, car je n’ai pas pu ren­trer dans ma famille, à Perpignan », confie Alexis, 22 ans, étu­diant en arts dra­ma­tiques au conser­va­toire du 15e arron­dis­se­ment de Paris, en sor­tant de la dis­tri­bu­tion de colis ali­men­taires orga­ni­sée par l’association Humanity Diaspo. C’est la deuxième fois qu’il béné­fi­cie de cette opé­ra­tion, qui a lieu cette fois-​ci à Villetaneuse (Seine-​Saint-​Denis), dans un local mis à la dis­po­si­tion par la mai­rie. Ni la cani­cule de ce mois d’août ni la dis­tance depuis chez lui ne freinent le jeune homme qui vit dans le 18e arron­dis­se­ment, à Paris. Comme Alexis, 617 étu­diants se sont dépla­cés pour reti­rer des boîtes de conserves, du riz, des pâtes, du lait, mais aus­si des pro­tec­tions hygié­niques, des gels douche ou sham­poings, des masques et du gel hydroalcoolique.

À l’origine, Humanity Diaspo est un pro­jet de lutte contre la pré­ca­ri­té hygié­nique et mens­truelle à des­ti­na­tion des per­sonnes sans abri, des migrantes, des mères pré­caires et femmes vic­times de vio­lences conju­gales, héber­gées dans des centres d’accueil d’urgence durant le confi­ne­ment. Les réseaux sociaux ont appor­té de la visi­bi­li­té aux actions de l’association. « Si bien que nous avons été contac­tés par des étu­diants qui deman­daient éga­le­ment des colis ali­men­taires et des pro­duits d’hygiène, explique Rana Hamra, la cofon­da­trice. En effet, ils n’ont plus de job ni de stage gra­ti­fié, des parents au chô­mage par­tiel ou total, et pour les étu­diants étran­gers, des familles encore confi­nées. Avec l’arrêt des bourses, l’été, les étu­diants se retrouvent dans[…]

La suite est réservée aux abonné·es.

identifiez-vous pour lire le contenu
Ou
Abonnez-vous à partir de 1€ le premier mois
Partager
Articles liés
125 ecole a la maison. gros pour causette

L'école à la mai­son : un pro­blème vraiment ?

Dans le viseur de l’État, car soupçonnée de contrevenir aux principes républicains, l’instruction en famille, jusqu’alors libre, devra désormais faire l’objet d’une dérogation. Les associations de parents adeptes de ce mode d’instruction...

person pouring liquor in clear drinking glass

GHB : le poi­son de la nuit

Vertiges, fatigue extrême, vomissements, flashs incohérents d’une soirée pourtant pas si arrosée… Les témoignages de femmes dont les symptômes correspondent à ceux engendrés par le GHB se multiplient et se ressemblent. Focus dans le 18ème...