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Nicolas Rainteau, le schi­zo­frère

À Montpellier, un jeune psy­chiatre milite pour le droit des schi­zo­phrènes à avoir une vie nor­male. À coups de tweets, de tri­bunes et de confé­rences, il dés­in­tègre les cli­chés sur la mala­die. Quitte à bous­cu­ler l’ordre éta­bli.

nicolas rainteau 18
© Robin Lopvet pour Causette

Un après-​midi du mois de mars, à la Gazette Café, un café cultu­rel bran­ché au cœur de Montpellier (Hérault). Salle comble. Chemise à car­reaux, manches rele­vées, ten­nis blanches, la barbe gen­ti­ment hips­ter, un jeune homme tient l’auditoire en haleine, balan­çant en rythme slides et vidéos. Le dis­cours est clair et effi­cace, le micro manié avec décon­trac­tion. On croi­rait la pré­sen­ta­tion d’un geek de la Silicon Valley. C’est une inter­ven­tion du psy­chiatre Nicolas Rainteau, 33 ans, res­pon­sable du centre Jean Minvielle (une uni­té psy­chia­trique du CHU de Montpellier). Sujet du jour : les nou­velles tech­no­lo­gies au ser­vice des per­sonnes souf­frant de troubles psy­chiques. Le tou­bib étrille allè­gre­ment les lieux com­muns sur la schi­zo­phré­nie. Ce show, il le fait à chaque fois qu’il peut, sou­vent devant des parents de jeunes gens récem­ment diag­nos­ti­qués, désem­pa­rés.

Dédiaboliser la schi­zo­phré­nie, c’est l’objectif de Nicolas Rainteau. « C’est l’une des mala­dies men­tales les plus stig­ma­ti­sées. Elle fait peur… », lâche le jeune psy­chiatre. Les « schi­zos », comme on les appelle trop sou­vent (envi­ron 600 000 per­sonnes en France), seraient vio­lents, dan­ge­reux, impré­vi­sibles… La faute, entre autres, au ciné­ma qui adore (mal)traiter la schi­zo­phré­nie et en faire une figure angois­sante de psy­cho­pathe, sans cesse à l’écoute d’une petite voix inté­rieure (Psychose, Fight Club, Shutter Island…). Résultat, quatre Français·es sur cinq confondent – à tort – schi­zo­phré­nie et dédou­ble­ment de la per­son­na­li­té. « Une cari­ca­ture, tranche Nicolas. Les symp­tômes les plus impres­sion­nants sont des hal­lu­ci­na­tions, des idées déli­rantes, un sen­ti­ment de per­sé­cu­tion. Quand des patients entendent des voix, celles-​ci les[…]

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