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Enfance mal­trai­tée : prendre le mal à la racine

En sep­tembre, le secré­taire d’État char­gé de la pro­tec­tion de l’enfance, Adrien Taquet, devrait dévoi­ler le second volet de son très atten­du Pacte pour l’enfance, qui s’attèlera à la mal­trai­tance infan­tile. Pour l’heure, Causette est allée à la ren­contre des acteurs·trices de ter­rain qui côtoient ces petites vic­times et s’est pen­chée sur les solu­tions à adop­ter. Il y a urgence !

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© Illustrations : Camille Besse

Un enfant est tué tous les cinq jours par l’un de ses parents. Ce chiffre n’en finit pas de tour­ner et de nous han­ter depuis qu’il a été révé­lé par l’Inspection géné­rale des affaires sociales, au prin­temps. D’autant que, selon ce même rap­port remis au gou­ver­ne­ment, « dans bon nombre de situa­tions, la mal­trai­tance ou son risque auraient pu être détec­tés si l’on avait rap­pro­ché plu­sieurs signaux d’alerte visibles pour en faire la syn­thèse ». Car plus de la moi­tié de ces enfants vic­times avaient subi, avant leur mort, des vio­lences graves à répé­ti­tion. On a encore du mal à prendre la mesure des bru­ta­li­tés exer­cées sur des petits, sou­vent par des proches, dans l’intimité des foyers. Mais le sujet com­mence enfin à prendre place dans le débat public. Le secré­taire d’État, Adrien Taquet, nom­mé le 25 jan­vier 2019 pour s’atteler pré­ci­sé­ment aux sujets rela­tifs à la pro­tec­tion de l’enfance, a annon­cé un pacte en deux temps : un pre­mier volet, pré­sen­té en juillet, sur l’aide sociale à l’enfance et un second, très atten­du, pré­vu pour sep­tembre, qui met­tra l’accent sur la mal­trai­tance infan­tile. Avant ces pré­sentations par le gou­ver­ne­ment, Causette est allée sur le ter­rain, his­toire de don­ner du grain à moudre aux res­pon­sables poli­tiques. 

Violences « édu­ca­tives », il est urgent d'interdire

Les pro­blèmes. En France, les mau­vais trai­te­ments sont inter­dits depuis la fin des années 1980. En revanche, les claques, fes­sées, mor­sures et autres vio­lences dites « ordi­naires » ou « édu­ca­tives » res­tent tolé­rées. En décembre 2016, le vote de la loi Égalité et citoyen­ne­té devait inté­grer un amen­de­ment inter­di­sant « tout trai­te­ment cruel, dégra­dant ou humi­liant, y com­pris les vio­lences cor­po­relles ». Mais en jan­vier 2017, le Conseil consti­tu­tion­nel a cen­su­ré ce volet. « Les fes­sées […] ne garan­tissent abso­lu­ment pas une meilleure édu­ca­tion ni sur le court ni sur le long terme, car elles ne per­mettent pas aux enfants d’avoir un meilleur com­por­te­ment et ne favo­risent pas la coopé­ra­tion. Au contraire, ceux-​ci deviennent agres­sifs et apprennent à résoudre leurs pro­blèmes par la vio­lence », sou­ligne l’association Stop VEO, qui a lan­cé, en avril, une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion. Il ne faut pas se men­tir, la France accuse un sérieux retard com­pa­ré à la Suède, par exemple, qui a inter­dit la fes­sée dès 1979. Dans notre pays, où le droit de cor­rec­tion héri­té du XIXe siècle existe encore dans la juris­pru­dence, toute volon­té d’encadrer l’autorité paren­tale est consi­dé­rée comme sus­pecte.

Les solu­tions. Pour Agnès Gindt-​Ducros, direc­trice de l’Observatoire natio­nal de la pro­tec­tion de l’enfance (ONPE), il faut inter­dire les vio­lences édu­ca­tives : « Le rôle de la loi, c’est de poser la norme d’une socié­té non vio­lente. Et les pays qui ont légi­fé­ré voient dimi­nuer ces vio­lences. » Dans un article paru dans la revue Déviance et socié­té, en 2012, seuls 4,1 % des Suédois inter­ro­gés ont décla­ré don­ner de « petites gifles », quand la France attei­gnait un taux de 71,5 %. La dépu­tée MoDem Maud Petit a pré­sen­té une pro­po­si­tion de loi en ce sens, adop­tée à l’Assemblée natio­nale en novembre 2018. Elle devrait pas­ser au Sénat, le 2 juillet, en deuxième lec­ture. « Je[…]

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