Manifestation 18 octobre 2022
Dans le cortège de la CGT le 18 octobre 2022 à Paris © A.C.

A Paris, plu­sieurs mil­liers de manifestant·es pour récla­mer une hausse des salaires

A l'appel d'une inter­syn­di­cale à la grève géné­rale pour récla­mer la hausse des salaires et s'opposer aux réqui­si­tions dans les raf­fi­ne­ries, des mil­liers de manifestant·es ont mar­ché dans les rues des grandes villes ce 18 octobre. Reportage à Paris.

Gigi a 70 ans et touche 1200 euros de retraite. Cette année, elle a vu ses charges aug­men­ter beau­coup plus vite que sa pen­sion. Conséquence, concer­nant son ali­men­ta­tion, « il y a des choses qu'[elle] ne se per­met plus d'acheter et fait atten­tion à tout, comme tout le monde. » Cet après-​midi du 18 octobre, à l'appel d'un mou­ve­ment natio­nal inter­pro­fes­sion­nel et inter­syn­di­cal qui mobi­lise dans les grandes villes du pays pour la hausse des salaires, elle a rejoint place d'Italie (Paris XIIIè) le cor­tège pari­sien parce que, dit-​elle, « nous sommes arri­vés au moment où c'est insup­por­table de voir les capi­taux explo­ser et les gens se retrou­ver dans des situa­tions dif­fi­ciles ». Autour d'elle, dans le voi­si­nage de son quar­tier popu­laire à Paris, elle voit « des tra­vailleurs qui ont besoin d'aller dans des asso­cia­tions pour trou­ver de quoi se nour­rir ». « C'est inoui, on devrait pou­voir vivre de son salaire, non ? », s'indigne-t-elle en regar­dant défi­ler les cor­tèges de la CGT ou encore de la Confédération paysanne.

Dans la foule des mil­liers de manifestant·es qui se dirigent vers Denfert-​Rochereau, on croise des travailleur·euses aux petits salaires, qui se prennent l'inflation en pleine poire : des blouses blanches d'infirmières, des salarié·es du sec­teur asso­cia­tif, des profs, des manu­ten­tion­naires ou encore des étudiant·es. Au micro du cor­tège CGT, une syn­di­ca­liste résume les reven­di­ca­tions sala­riales. Accéder à la hausse des salaires, c'est du « pou­voir d'achat », une juste « valo­ri­sa­tion du tra­vail four­ni », la « lutte contre les injus­tices » au sein même des entre­prises mais aus­si, insiste-​t-​elle, « le finan­ce­ment de la sécu­ri­té sociale et des retraites » via les cotisations. 

Manif 18 octobre
Dans le cor­tège de la CGT © A.C.

Plus loin dans le cor­tège, alors que s'allument des fumi­gènes, une poi­gnée de mili­tantes fémi­nistes affichent une ban­de­role « 8 mars grève fémi­niste ». Julie, 30 ans, dis­tri­bue les tracts qui appellent déjà à la mobi­li­sa­tion pour le 8 mars 2023. « Nous consi­dé­rons que dans le sys­tème capi­ta­liste, les femmes et les mino­ri­tés, qu'elles soient de genre, d'orientation sexuelle ou raci­sées, sont encore plus oppri­mées que les autres, explique-​t-​elle. Je parle évi­dem­ment du tra­vail pré­caire et des bas salaires, qui nous touchent plus que les hommes, mais c'est encore plus large que ça, nous en appe­lons au droit à une vie digne, c'est-à-dire joyeuse, libre de vio­lences quelles qu'elles soient et en dehors des rap­ports d'exploitation et d'oppression. » « Les patrons, les patries, le patriar­cat : même racine, même com­bat », entonne un joyeux « pink bloc » LGBT qui semble lui répondre.

"Réquisitionner Patrick Pouyanné"

A quelques pas de là, la dépu­tée de l'Essonne Farida Amrani (LFI) est iden­ti­fiable à son écharpe tri­co­lore, comme d'autres pontes de la Nupes venu·es rejoindre les rangs des manifestant·es : Clémentine Autain (LFI, Hauts-​de-​Seine), Sandrine Rousseau (EELV, Paris), Clémence Guetté (LFI, Val-​de-​Marne) ou encore Olivier Faure (PS, Seine-​et-​Marne). « Cette mani­fes­ta­tion s'inscrit dans la conti­nui­té de celle de dimanche [orga­ni­sée par LFI contre la vie chère, ndlr], explique Farida Amrani. Tant que nous n'obtenons pas gain de cause, la lutte conti­nue, dans la rue mais aus­si dans l'hémicycle. » Réfutant les com­men­taires de certain·es sur l'échec à avoir mobi­li­sé le 16 octobre (29 500 manifestant·es seule­ment selon l'institut indé­pen­dant Occurence), la dépu­tée mar­tèle le chiffre de 140 000 per­sonnes pré­sentes avan­cées par LFI. Et de relan­cer la pro­messe de cam­pagne de Jean-​Luc Mélenchon à l'élection pré­si­den­tielle : « La vie chère impacte tout le monde, nous disons au gou­ver­ne­ment qu'il est res­pon­sable de ce chaos et que pour l'arrêter, il doit mettre en place les décrets qu'il faut, en com­men­çant par une aug­men­ta­tion du Smic à 1500 euros. »

Farida Amnari Manif 18 octobre
La dépu­tée Farida Amrani © A.C.

Puisque la mani­fes­ta­tion de ce mar­di s'organise aus­si en soli­da­ri­té avec les gré­vistes des raf­fi­ne­ries, elle tacle : « J'aurais pré­fé­ré que le gou­ver­ne­ment réqui­si­tionne le PDG de Total [Patrick Pouyanné, ndlr] pour l'obliger à pro­po­ser une aug­men­ta­tion décente pour les sala­riés des raf­fi­ne­ries. » C'était peu ou proue au même moment où, lors des ques­tions au gou­ver­ne­ment à l'Assemblée, la pre­mière ministre Elisabeth Borne haus­sait le ton contre les gré­vistes du sec­teur : « Il n’est pas accep­table qu’une mino­ri­té conti­nue à blo­quer le pays, il est temps que le tra­vail reprenne. »

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