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Manifestation du 8 mars 2020 à Paris pour la Journée internationale des droits des femmes. ©Jeanne Menjoulet /Flickr

Violences conju­gales : un pack nou­veau départ géné­ra­li­sé d’ici jan­vier 2026

La ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Lonvis-Rome, a annoncé ce vendredi le lancement de l’expérimentation du « pack nouveau départ » dans le Val-d’Oise afin d’accompagner les femmes victimes de violences conjugales à quitter leur conjoint violent.

« Le Pack Nouveau Départ doit pouvoir sauver des vies. » Telle est l’ambition de la ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Lonvis-Rome. Quelques jours avant le 8 mars – Journée internationale de la lutte pour les droits des femmes – la ministre a annoncé sur Twitter ce vendredi 3 mars le déploiement du dispositif « pack nouveau départ » dont l’objectif est d’accompagner les victimes de violences conjugales à quitter leur conjoint violent.

Le pack nouveau départ, déjà annoncé en septembre par la Première ministre Élisabeth Borne, est expérimenté depuis ce vendredi dans le Val-d’Oise, premier département pilote de l’opération. Il devrait être généralisé au plus tard d’ici janvier 2026, précise la ministre auprès de Libération. « Son enjeu est de déclencher un certain nombre de mesures et de services d’accompagnement sur mesure sans que la victime de violences conjugales ait à frapper à toutes les portes afin de lui simplifier la vie dans un moment où elle est vulnérable », expliquait déjà Isabelle Lonvis-Rome auprès de Causette en novembre dernier.

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Expérimentation d’un an

Elle en dévoile aujourd'hui les contours dans les colonnes de Libération. La ministre a ainsi détaillé son utilisation articulée sur trois axes: l'hébergement d’urgence, l'aide d’urgence et la réinsertion professionnelle. « L’idée est de pouvoir les accompagner sur le plan social, de manière simple, rapide et sur mesure pour éviter les faux départs », explique-elle à Libé. Concernant les critères d’accès au pack nouveau départ, la ministre insiste : il ne sera pas conditionné au dépôt d’une plainte. « Cela reposera sur un dispositif de signalement des situations de violences par les multiples acteurs qui œuvrent auprès de ces victimes, précise Isabelle Lonvis-Rome. On peut penser à une association, un médecin, un maire, un avocat et bien sûr, un policier ou un gendarme. Ce signalant va saisir un référent unique, la CAF ou le département s’il se porte volontaire. »

Le·la référent·e fera ensuite l’évaluation des besoins avec la victime et priorisera son parcours « afin que toutes les aides se déclenchent en priorité ». « Nous souhaitons que toutes les personnes susceptibles d’être acteurs à un moment donné du pack reçoivent une sensibilisation aux violences conjugales », ajoute la ministre dans Libération.

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Et concrètement ? « Si [la victime de violences conjugales] a besoin et est éligible à une allocation de type RSA, ça se déclenchera vite ; si elle a besoin d’une formation, d’une aide au retour à l’emploi ou d’un accompagnement psychologique avec le tissu sanitaire local, idem ; si elle a besoin d’un hébergement d’urgence, ce sera géré avec le service intégré d’accueil et d’orientation […] , idem pour le système coupe-file pour la garde d’enfant », indique Isabelle Lonvis-Rome.

Concernant son délai de déclenchement, « l’expérimentation dans le Val-d’Oise permettra de le préciser », indique-t-elle. Cette dernière devrait durer un an. Cinq autres territoires pilotes - notamment en outre-mer - rejoindront prochainement le dispositif mis en place dans le Val-d’Oise. Isabelle Lonvis-Rome précise également que le pack nouveau départ pourra « être enrichi de spécificités locales » pour tenir compte notamment des zones rurales où le maillage médical et associatif n’est présent partout.

Aide financière d’urgence pour s’extraire du foyer

À ce pack s’ajoutera l’aide financière universelle d’urgence adoptée mi-janvier par l’Assemblée nationale, permettant aux victimes de violences conjugales de sortir de toute dépendance financière les liant à un·e conjoint·e violent·e en accédant à un prêt sans intérêt. La ministre a souligné les différences entre cette dernière et le pack nouveau départ dans Libération : « Cette aide sera une somme débloquée en soixante-douze heures pour sauver sa peau, prendre le train pour aller à l’autre bout de la France ou encore payer un hôtel. C’est l’extrême urgence. Le pack permettra, lui, à ces victimes de vivre pendant quelques mois, les aidera à se reconstruire. »

Les conclusions de l’expérimentation sont attendues en juin 2024. Le pack nouveau départ s’inscrit d’ailleurs plus largement dans le plan « Égalité hommes-femmes 2027 » qui s’articulera sur quatre axes (santé des femmes, lutte contre les violences sexistes et sexuelles, égalité professionnelle et culture de l’égalité) et sera, lui, annoncé par le gouvernement pour le 8 mars, indique Libération.

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