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© Capture d'écran France 24

Syrie : l’impasse du rapa­trie­ment des femmes et enfants français·es

Pascale Descamps entame, ce 2 mars, son vingt-​neuvième jour de grève de la faim pour deman­der le rapa­trie­ment de sa fille, atteinte d’un can­cer du côlon, ain­si que de ses quatre petits-​enfants, coincé·es dans un camp syrien. Devant le refus de la France de rapa­trier les femmes déte­nues en Syrie, une dizaine de Françaises ont éga­le­ment enta­mé une grève de la faim sur place, le 21 février der­nier. 

« Ça fait un petit moment que je suis malade, mais je vou­lais pas t’en par­ler, je ne savais pas que ce que j’avais. En fait, j’ai une tumeur dans le côlon […] Ici, on me pro­pose de faire une opé­ra­tion chère et très ris­quée, à la Syrienne. Je ne veux pas du tout, on m’a dit que je ris­quais ma vie. » Après des mois sans nou­velles, Pascale Descamps reçoit cet enre­gis­tre­ment audio de sa fille, entre­cou­pée de san­glots, le 17 novembre 2020. Si la jeune femme de 32 ans craint d’être opé­rée dans de mau­vaises condi­tions, c’est qu’elle est déte­nue avec ses quatre enfants de 2 à 11 ans dans l’un des camps où sont déte­nues des familles fran­çaises par­ties faire le dji­had, celui de Roj, au nord-​est de la Syrie, depuis 2019, pour avoir rejoint l’État isla­mique en 2015. Aujourd’hui, la fille de Pascale Descamps demande, par la voix de sa mère, un « rapa­trie­ment sani­taire pour pou­voir [se] faire opé­rer et rame­ner [ses] enfants. » Un sou­hait for­mu­lé éga­le­ment par Pascale Descamps : « La lais­ser se faire opé­rer dans ces condi­tions, ce serait la condam­ner à mort sans juge­ment : les méde­cins l’ont dit, elle a une chance sur deux de mou­rir. Elle perd beau­coup de sang, fait de nom­breux malaises et n’a accès à aucun médi­ca­ment. » 

En novembre der­nier, une fois le choc de l’annonce pas­sé, la mère avait immé­dia­te­ment aler­té le Quai d’Orsay. Mais mal­gré la mul­ti­pli­ca­tion des lettres et des appels, la fille de Pascale Descamps et ses enfants ont enta­mé leur troi­sième hiver sur les terres du Rojava. Devant l’inaction des auto­ri­tés fran­çaises et la dégra­da­tion de l’état de san­té de sa fille, Pascale a alors enta­mé, le 1er février, une grève de la faim. « C’est une conti­nui­té dans les actions que je mène parce que je ne sais plus quoi faire. Et comme ça, ma fille ne souf­fri­ra plus toute seule, on sera deux », confie cette fonc­tion­naire de 55 ans à Causette. Épuisée phy­si­que­ment, mora­le­ment et psy­cho­lo­gi­que­ment, Pascale, qui se nour­rit d’eau sucrée, de tisane, de thé ou de café, songe par­fois à arrê­ter. « C’est très dif­fi­cile, je me sens constam­ment fati­guée, je souffre de migraines, de baisses de ten­sion, d’anémie et de pro­blèmes hépa­tiques. Mais tant que je tien­drai sur mes jambes, je conti­nue­rai. » L’initiative de Pascale a depuis été reprise par une dizaine de femmes fran­çaises rete­nues comme sa fille au camp de Roj. Ces mères – pour la plu­part veuves – ont com­men­cé une grève de la faim[…]

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