Nellie Bly, pion­nière de l’investigation

À une époque où les rares femmes jour­na­listes ne s’exprimaient que sur les arts ou la mode, Elizabeth Jane Cochrane, de son vrai nom, s’attaqua, du haut de ses 20 ans, au pré car­ré des plumes mas­cu­lines : l’investigation. S’infiltrant inco­gni­to, ici dans un asile, là dans une usine, elle réa­li­sa plu­sieurs repor­tages qui lui valurent la célé­bri­té.

circa 1890 board game cover art for around the world with nellie bly by mcloughlin bros. text has been digitally removed
© Alamy

Publier des articles dans un jour­nal n’a pas tou­jours été conve­nable pour une femme. Dans les États-​Unis du Gilded Age (1870−1900), période de crois­sance et de pros­pé­ri­té, la presse était flo­ris­sante. Les quelques femmes qui ten­taient de s’imposer dans ce milieu exclu­si­ve­ment mas­culin, répu­té bru­tal et gros­sier, se devaient d’écrire sous pseu­do­nyme, comme le firent Bessie Bramble, Pearl Rivers, Fanny Fern ou Penelope Penfeather. Ces jour­na­listes en jupon, qui tra­vaillaient à la mai­son, trai­taient des arts et s’occupaient des pages fémi­nines. L’actualité était l’affaire des hommes, bien évi­dem­ment, car elle néces­si­tait ratio­na­li­té, pré­ci­sion et cou­rage. Bientôt, cet ordre allait être remis en ques­tion par une toute jeune Américaine, déter­mi­née et indé­pen­dante. 

Nous sommes en 1884, Elizabeth Jane Cochrane est assise dans le bureau de George Madden, rédac­teur en chef du Pittsburg Dispatch, son jour­nal pré­fé­ré. Quelques jours plus tôt, elle lui a envoyé une lettre inci­sive pour se plaindre d’un billet se ter­mi­nant ain­si : « L’univers de la femme se défi­nit d’un seul mot : mai­son. » Madden lui pro­pose alors de rédi­ger un article sur la ques­tion de[…]

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