Cliniques moscovites : grosse promo sur l’excision

En plein centre-​ville de Moscou, des cliniques privées proposent des clitoridectomies pour les femmes et les fillettes. Depuis qu’un important média russe a révélé l’affaire, elles se font plus discrètes. Mais notre enquête prouve que l’excision continue d’être un business…

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© Clémence Pollet pour Causette

1 750 roubles (24 euros) au lieu de 2 190 (30 euros) ! Voici l’alléchante promotion proposée jusqu’en novembre 2018 par l’une des clini­ques privées de la chaîne Best Clinic, en Russie, pour une consultation ­préalable à une excision à destination, notamment, de fillettes de 5 à 12 ans. Schéma à l’appui, le site Internet de cette clini­que, située en plein cœur de Moscou, détaillait les ­différentes prestations proposées. Au choix, trois types d’interventions : l’ablation partielle ou totale du clitoris (autrement ­appelée clitoridectomie), l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres. Et le rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites et/​ou des grandes lèvres. Autrement dit, des mutilations sexuelles. « Pas besoin de raison médicale pour cette opération, et cette intervention peut être réalisée pour des motifs culturels ou religieux », précisait même le site. 

Depuis, Best Clinic a supprimé la page proposant ces clitoridectomies pour la somme de 70 000 roubles (environ 976 euros), anesthésie, analyses et suivi compris. C’est que l’affaire a suscité un tollé sur les réseaux sociaux russes, après les révélations du site d’information indépendant Meduza, averti par une lettre anonyme. La clinique s’est d’abord fendue d’un communiqué expliquant pratiquer des excisions uniquement « pour raisons médicales ». Avant de rétropédaler, affirmant qu’il s’agissait d’« une simple erreur », comme nous l’assure Ludmila Grebiolkina, sa directrice de la communication, seule interlocutrice avec qui il nous sera ­possible de discuter, malgré notre insistance pour rencontrer Ganipat Gadzhieva, la cheffe de service de la clinique, qui ne serait « pas en mesure de nous éclairer sur la question »…

“Il y a un fort retour de la religion et de la[…]

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