Magazine n° 114 – Septembre 2020

CAUSETTE 114 1000
@Marie Rouge pour Causette

ÉDITO

Pendant deux mois, nous nous y sommes agrippé·es comme à une bouée au milieu de l’océan. Nous avons caressé leurs pages rugueuses avec émotion, comme si nous retrouvions la peau d’un·e amant·e perdu·e. Nous nous sommes délecté·es, en plongeant notre nez dedans, de leur odeur de vieux greniers. Jamais nous n’avions autant mesuré leur pouvoir consolatoire. La potentielle puissance de ces simples lettres apposées sur du papier blanc, qui, mises bout à bout, forment des mots qui forment des phrases qui nous emmènent ailleurs. Si loin, parfois. Quand il n’y a plus de terrasses, plus d’ami·es à serrer dans ses bras, plus de vieux parents à embrasser, plus de collègues avec qui rigoler à la machine à café, on le sait désormais, il reste les livres. Une sacrée valeur sûre. 
Certain·es ont renoué avec leurs vieux classiques, à la recherche du temps perdu. D’autres ont affûté leurs armes militantes, histoire de ne pas perdre de vue la puissance invaincue des femmes. D’autres encore ont replongé dans leurs vieilles BD, histoire de se Bretécher la tronche jusqu’au trognon, enfermé·es à double tour dans les toilettes, comme au bon vieux temps. Et de retrouver, l’espace d’un instant, un (tout petit) espace à soi. 
En mars, les librairies ont fermé, et c’est un monde qui s’est effondré. Rebattant les cartes de la notion même d’indispensabilité. Ça ne va pas bien, non, de nous enlever ainsi le livre de la bouche ! De quoi allait-​on se nourrir ? 
Alors voilà, quelques mois plus tard, avec ses traditionnels cinq cents et quelques livres, bel et bien au rendez-​vous, cette rentrée littéraire 2020 a une saveur toute particulière. Parce que le secteur du livre, à l’instar de tant d’autres, en a bavé des ronds de chapeau, parce que les écrivain·es nous ont manqué. 
Parce que sans imaginaire, sans histoires, sans aventures, sans mots, la vie est quand même beaucoup moins savoureuse, nous avons voulu célébrer les livres dans nos pages. 
Et puis comme ça, si jamais Manu nous reconfine, vous saurez quoi consommer sous la couette. Et y en a de la bonne !

Extraits du numéro
114 jonathan cothen guillaume belveze

Jonathan Cohen nous raconte sa grossesse

En cette rentrée, attendez-​vous à voir Jonathan Cohen partout. Et notamment dans un film ovni sur la parentalité : Énorme, de Sophie Letourneur. L’occasion de parler grossesse, accouchement et filiation avec l’acteur devenu, depuis, père d’une petite fille.
Lire l’article
Partager
Articles liés
98 couverture manuel braun

Magazine n° 98 – Mars 2019

ÉDITO Vous ne m’attendiez pas, et pourtant je vous manquais.” C’était dans mon premier édito. En mars 2009. Oui, bon, j’étais jeune. J’étais lyrique. Limite Annie Girardot aux César !Bah oui ! mais y a dix ans, souvenez-​vous les...

Causette HS9 COUV bd

30 histoires de femmes infréquentables

Hors-​série n° 9 – Printemps 2019 ÉDITO Ça s’appelait le « Cabinet de curiosité ». Créée dans les premières années de Causette, en 2011, cette rubrique ­farfouillait dans les brocantes de ­l’Histoire, pour y dégotter des femmes aux...

HS10 couverture Causette © Causette

On nous prend pour des quiches !

Hors-​série n° 10 – été 2019 ÉDITO Boustifaille temporelle. Ça a commencé il y a quarante mille ans, en gros. À l’époque, nous, les filles (et pas mal de garçons), on nous prenait pour des flans d’aurochs (une pâte de baies mélangée à des...

Causette 99 couv bd nocede

Magazine n° 99 – Avril 2019

ÉDITO « Ta planète, tu la veux bleue ou bien cuite ? » Le message a le mérite d’être direct et l’urgence palpable. « La planète peut se passer de nous, mais nous ne pouvons pas nous passer d’elle1 », ont crié les ados, tout...