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© Gros pour Causette

Soyez in, parlez en “ing”

Jusqu’où ira la novlangue franglaise ? Sur BFM-​TV, on s’intéresse à la tendance du « co-​walking ». Autrement dit, faire une réunion de travail en marchant. De son côté, Le Parisien se penche sur le « jobbing », pratique qui conduit des bricoleurs du dimanche à proposer leurs services en ligne. Et d’après LCI, si vous cumulez plusieurs boulots, vous êtes un·e spécimen du « slashing » – plus engageant, il est vrai, que le champ lexical du « travailleur précaire ».

Déjà insupportables dans le milieu de l’entreprise, ces néologismes se multiplient aussi dans la sphère domestique. Sur Aufeminin.com, on n’écrit plus « j’ai dressé une jolie table », mais « j’ai travaillé mon tabling ». Chez Grazia, on s’interroge : « Cheveux : le bronzing, la nouvelle tendance beauté de cet été ? » Apparemment, « bronzage » wasn’t enough*. On termine avec Elle, qui réalise un double bingo avec ce titre : « Et si le souping était le nouveau juicing d’hiver ? » Première phrase de l’article : « Comme son nom l’indique, le souping est une soupe. » Mais soupe, ça fait croûton.

« Cette stratégie marketing vise à glamouriser des mots qui désignent en réalité des activités tout à fait prosaïques, qui relèvent du travail domestique et de représentation, soupire Laélia Véron, maîtresse de conférences en stylistique à l’université d’Orléans et interrogée par Causette. On utilise ces franglicismes pour travestir des contraintes sexuées en des activités “cool”. » Instagram confirme ce « cool » : près de huit mille photos de bols fumants avec le hashtag #souping. Euh… on rêve ou on est en plein quiching ?! 

* En français : « ne suffisait pas. »

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