Sécu : les assuré·es au détecteur de mensonge

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Radin·es qui comptiez berner la Caisse d’allocations familiales (CAF) pour récupérer les 5 euros d’aide au logement que le gouvernement a sucrés en octobre 2018, arrêtez tout ! La Sécurité sociale vient de se doter d’une méthode de traque révolutionnaire : former ses salarié·es aux « techniques d’audition et de détection de mensonge ». D’après un document intercepté par Le Parisien, il s’agit d’enseigner aux agent·es de la CAF, de la Caisse de retraite et des services d’accident du travail et maladies professionnelles comment décrypter « les dires verbaux, les écrits » et « le langage non verbal » des bénéficiaires. Objectif : être capable de « caractériser la fraude et l’intentionnalité des faits constatés » et récupérer les quelque 550 millions d’euros de fraude annuelle estimée. Et quand il est question de coincer les profiteurs et profiteuses du système qui peuplent ce pays, pas de chichi ! Cet atelier fait partie d’un grand marché de formation dans lequel la Sécu envisage de dépenser 749 999 euros. 

Causette a donc demandé à Robert-​Vincent Joule, coauteur du Petit Traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens (éd. PUG, 2012), s’il est possible de repérer quand quelqu’un veut berner les services de l’État. « Il suffit de connaître la quinzaine de techniques de manipulation identifiées. » Génial ! De quoi inspirer le fisc ? Récupérer les 60 à 80 milliards d’euros envolés chaque année – cent fois plus que la fraude sociale ! – ça pourrait servir. Mais, apparemment, la méthode est trop gnangnan pour Bercy. « Nous développons plutôt des outils de contrôle comme l’intelligence artificielle, le datamining* et la police fiscale », nous a répondu un responsable au ministère des Finances. Bah oui, le mentalisme, ça ne peut impressionner que les pauvres. 

* L’exploration de données comptables. 

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