99 quiches matchs truqués © Shutterstock
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Matchs truqués

On ne mélange pas les torchons et les serviettes. C’est pour correspondre à ce magnifique agencement du monde et éviter aux gens de perdre leur temps en tchatchant inutilement avec une personne qui ne serait pas à leur niveau physique, que Tinder donnait, jusqu’à encore très récemment, une « note de désirabilité », nommée Elo Score, à ses utilisateurs. C’est ce qu’a révélé la journaliste Judith Duportail dans son livre L’Amour sous algorithme (éd. Goutte d’or), dans lequel elle raconte comment l’entreprise californienne utilise nos données pour nous faire croire au destin. 
Mais ce qu’a surtout découvert la journaliste en lisant le brevet – déposé – de l’appli de rencontre, c’est que Tinder n’exclurait pas de se rouler dans le sexisme puissance mille en reproduisant tranquillement  les stéréotypes inhérents à notre société. L’application pourrait prévoir de présenter aux femmes des hommes plus âgés, plus éduqués et plus riches qu’elles. Pire. Si un homme a un bon poste et gagne de l’argent, il bénéficierait d’un bonus. Dans la même situation, une femme obtiendrait… un malus ! Une semaine avant la sortie de l’ouvrage de Duportail, comme par magie, Tinder s’est fendu d’un communiqué expliquant ne plus utiliser le Elo Score. Pas de commentaires sur le bonus-​malus, en revanche.

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