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Les émigrés fiscaux font salon

Pendant que les badauds s’agglutinaient aux abords de la Croisette, certain·es ont profité de leur séjour à Cannes pour faire un saut en yacht à Monaco. Les 15 et 16 mai, la principauté accueillait le Salon international de la propriété de luxe. Au programme de ce raout pour ultra-​riches, rien que de très simple : pour la modique somme de 1 000 euros, les participant·es ont pu profiter d’une soirée de gala avec spectacle en hélico, showcase Versace, dégustation de champagne ou de cigares (enfin ça, c’était seulement pour les « gentlemen les plus subtils »). Sans oublier de faire quelques petites transactions financières  – c’est quand même pour ça qu’on est là, hein. Car s’il permet à ses client·es russes, kazakh·es ou chinois·es de s’offrir un bateau ou une demeure de luxe, le salon propose surtout des solutions pour émigrer vers des cieux fiscalement plus cléments. Au menu : conseil en « optimisation fiscale », « consulting financier », vente de « golden visas » (soit des programmes de « résidence par investissement » qui permettent aux plus fortunés d’obtenir un passeport ou un visa permanent dans un pays européen)… « Devenez un vrai citoyen du monde », promet en toute ingénuité un cabinet de conseil indien, tandis que des représentant·es de Malte, de Chypre ou de Singapour viennent vanter les atouts de leur petit coin de paradis (fiscal, bien entendu). Surnommé le « Salon de l’évasion fiscale » par ces mauvaises langues d’Attac, l’événement, qui avait fait des vagues lors de sa précédente édition cannoise en novembre, a pourtant fait des efforts : pour ce volet monégasque, il n’a certes rien changé au fond, mais il a supprimé le terme « émigration » de son intitulé. Pour plus de discrétion, peut-​être ? 

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