woman holding her prenant tummy during daytime
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Les conseils mater­ni­tés de la mai­rie de Séoul font un bide

Terrible nou­velle pour toutes les femmes sud-​coréennes qui tom­be­ront enceintes en 2021 : elles loupent de peu les pré­cieux conseils sur la mater­ni­té de la mai­rie de Séoul. Les recom­man­da­tions publiées en 2019 – et reti­rées il y a quelques jours – sur le site d’information sur la gros­sesse et l’accouchement géré par l'administration, conte­naient des conseils pour les femmes enceintes à dif­fé­rents stades de leur gros­sesse. 

Au pro­gramme des pre­mières semaines, il est sug­gé­ré aux futures mamans d’éviter de repor­ter les tâches ména­gères. Oui, oui vous avez bien lu. Car pour les auto­ri­tés, visi­ble­ment, pas­ser l’aspi et faire la vais­selle per­met de ne pas prendre trop de poids. En somme, peu importe la san­té de la mère et de l’enfant, tant que les pre­mières conti­nuent à ren­trer dans leurs 36. 

Ce qui n'est pas sans rap­pe­ler le bad­buzz dont a été pro­ta­go­niste le maga­zine fran­çais Marie-​France hier 12 jan­vier.

Et la muni­ci­pa­li­té va plus loin pour « aider » les femmes enceintes. Dans sa bon­té d’âme, il leur conseille d'accrocher les vête­ments qu’elles por­taient avant leur gros­sesse dans un endroit facile à voir. Selon eux, jeter un œil à ces fringues les moti­ve­rait à gar­der leurs poids sous contrôle. À Causette, on ajoute même que si elles pro­noncent « Cristina Cordula » – ani­ma­trice régu­liè­re­ment taxée de gros­so­pho­bie – dans le noir trois fois de suite, elles ne pren­dront pas un gramme ! Bref, un pro­gramme dié­té­tique à faire pâlir de jalou­sie Karine Le Marchand et son émis­sion Opération Renaissance. 

Lire aus­si : « Opération Renaissance » : Les gros font les choux gras de M6

Après s’être atta­quée au phy­sique des femmes enceintes, la mai­rie de Séoul s’est pen­chée sur leur ali­men­ta­tion. Mais ne vous atten­dez pas à des recettes faciles à pré­pa­rer. La mai­rie de Séoul se sou­cie davan­tage du ventre de ces mes­sieurs que de ceux qui leur donnent la vie. À l’approche de leur date d’accouchement, les femmes coréennes sont donc invi­tées à vider leurs réfri­gé­ra­teurs afin de pré­pa­rer trois à quatre repas pour leurs conjoints, évi­dem­ment pas habi­tués à cui­si­ner. Ces pauvres cha­tons livrés à eux-​mêmes pen­dant quelques jours pour­ront donc réchauf­fer leurs gamelles, comme des grands. Et ain­si ne pas mou­rir de faim. On dit mer­ci maman, euh, ché­rie. 

Et ce n'est pas fini. Avant d’aller accou­cher (enfin), les femmes doivent éga­le­ment veiller à lais­ser suf­fi­sam­ment de papier toi­lette, de den­ti­frice, de brosses à dents, de savon mais aus­si de sous-​vêtements, de chaus­settes, de che­mises et de mou­choirs propres… à leurs conjoints. Le temps qu’elles reviennent vite à la mai­son reprendre leur rôle de bobonne. 

Remarqués par le public der­niè­re­ment, ces pré­ceptes pour le moins sexistes ont pro­vo­qué un véri­table tol­lé en Corée du sud et ont fini par être sup­pri­més du site de la mai­rie début jan­vier. Dans un com­mu­ni­qué par­ve­nu à l’AFP le 11 jan­vier, la muni­ci­pa­li­té a recon­nu qu’elle n’avait pas soi­gneu­se­ment revu le conte­nu de l’article avant de le pos­ter sur le site, s’engageant à être vigi­lante à l’avenir. Mais atten­tion, la muni­ci­pa­li­té creuse encore ! Elle se défend de sexisme, puisqu’elle assure que ces mesures visaient sur­tout à pré­ve­nir « des désa­gré­ments fami­liaux ». On plaint donc par avance les futurs papas coréens, qui devront désor­mais se faire à man­ger et laver leurs slips eux-​mêmes. 

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