fbpx

« Féminissimo, l’anti-bimbo ! » : les fémi­nistes vous disent (non) mer­ci

image e1597939488645
© DR

Ce bon vieux Manuel d’autodéfense fémi­niste, de l’autrice Sonia Feertchak-​Ortoli, paru en 2007 fait encore et tou­jours par­ler de lui. En effet, une inter­naute l’a emprun­té – et aus­si­tôt regret­té – dans une média­thèque, avant de par­ta­ger son exas­pé­ra­tion sur le groupe Facebook Osez les Féminismes.
Le Manuel d’autodéfense fémi­niste des­ti­né, rappelons-​le, aux gamines de 6 à 12 ans, pro­met « aux filles bien de deve­nir des femmes chouettes ». Vaste pro­gramme.
Sous cou­vert de bim­bo­ba­shing, l’autrice nous dévoile le concept – encore incon­nu jusque-​là – de « fémi­nis­si­mo, l’anti-bimbo ». Un véri­table dress­code du fémi­nisme.

Pour deve­nir une fémi­niste accom­pli, il faut com­men­cer par un maquillage invi­sible. Comprenez par là : « un fond de teint “mou­lant”, un nuage de poudre et du blush ». Donc, oui au fond de teint à 10 ans, mais ni mas­ca­ra ni rouge à lèvres. Merci Sonia, on était à deux doigts de crier à l’hypersexualisation des petites filles.
On pour­suit avec « un pull ample, très ample » et un jean « ni trop ample ni trop mou­lant ». Parce que si on apprend dans les pages sui­vantes à « s’habiller sexy à Macholand », atten­tion à ne pas être trop dévê­tue. C’est, selon l’autrice, « comme mettre sous les yeux d’un enfant de 3 ans une armoire à bon­bons ouverte, en lui disant “Pas touche !” [sic] ». À ce stade, il aurait été plus cohé­rent d’intituler ce bou­quin « Manuel de la culture du viol ».

capture d¹ecran 2020 08 20 a 15.39.30
© DR

Au mer­veilleux royaume des injonc­tions, le Manuel d’autodéfense fémi­niste ne laisse rien au hasard. Il vous faut des bas­kets, oui « mais des bien fines ». Les che­veux atta­chés, oui « mais pas trop ». Des bra­ce­lets, oui mais seule­ment des « tout fins ». Même l’odeur y passe, car c’est bien connu, une fémi­niste se doit de por­ter un par­fum dis­cret et déli­cat.
Et cerise sur le patriar­cat, Sonia Feertchak-​Ortoli nous confie son secret pour ne plus subir d’agressions sexistes et sexuelles. Mieux que la bombe lacry­mo ou toutes les mesures gou­ver­ne­men­tales, on vous pré­sente… le kaki (la cou­leur bien sûr, pas le fruit à jeter sur un agres­seur poten­tiel)! « Joli, à la mode, il fait un peu “camou­flage”, ce qui égare le bour­rin de base ». Eurêka ! Avec le kaki, on va enfin pou­voir faire une croix sur le har­cè­le­ment de rue. On se demande pour­quoi Marlène Schiappa n’y a pas pen­sé plus tôt.

Au bin­go de la honte, le Manuel d’autodéfense fémi­niste coche­rait toutes les cases. Dangereux pour la socié­té, on lui a quand même fina­le­ment trou­vé une uti­li­té, celui de cale-​meuble.

Partager

Cet article vous a plu ? Et si vous vous abonniez ?

Chaque jour, nous explorons l’actualité pour vous apporter des expertises et des clés d’analyse. Notre mission est de vous proposer une information de qualité, engagée sur les sujets qui vous tiennent à cœur (féminismes, droits des femmes, justice sociale, écologie...), dans des formats multiples : reportages inédits, enquêtes exclusives, témoignages percutants, débats d’idées… 
Pour profiter de l’intégralité de nos contenus et faire vivre la presse engagée, abonnez-vous dès maintenant !  

 

Une autre manière de nous soutenir…. le don !

Afin de continuer à vous offrir un journalisme indépendant et de qualité, votre soutien financier nous permet de continuer à enquêter, à démêler et à interroger.
C’est aussi une grande aide pour le développement de notre transition digitale.
Chaque contribution, qu'elle soit grande ou petite, est précieuse. Vous pouvez soutenir Causette.fr en donnant à partir de 1 € .