« Féminissimo, l’anti-bimbo ! » : les féministes vous disent (non) merci

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Ce bon vieux Manuel d’autodéfense féministe, de l’autrice Sonia Feertchak-​Ortoli, paru en 2007 fait encore et toujours parler de lui. En effet, une internaute l’a emprunté – et aussitôt regretté – dans une médiathèque, avant de partager son exaspération sur le groupe Facebook Osez les Féminismes.
Le Manuel d’autodéfense féministe destiné, rappelons-​le, aux gamines de 6 à 12 ans, promet « aux filles bien de devenir des femmes chouettes ». Vaste programme.
Sous couvert de bimbobashing, l’autrice nous dévoile le concept – encore inconnu jusque-​là – de « féminissimo, l’anti-bimbo ». Un véritable dresscode du féminisme.

Pour devenir une féministe accompli, il faut commencer par un maquillage invisible. Comprenez par là : « un fond de teint “moulant”, un nuage de poudre et du blush ». Donc, oui au fond de teint à 10 ans, mais ni mascara ni rouge à lèvres. Merci Sonia, on était à deux doigts de crier à l’hypersexualisation des petites filles.
On poursuit avec « un pull ample, très ample » et un jean « ni trop ample ni trop moulant ». Parce que si on apprend dans les pages suivantes à « s’habiller sexy à Macholand », attention à ne pas être trop dévêtue. C’est, selon l’autrice, « comme mettre sous les yeux d’un enfant de 3 ans une armoire à bonbons ouverte, en lui disant “Pas touche !” [sic] ». À ce stade, il aurait été plus cohérent d’intituler ce bouquin « Manuel de la culture du viol ».

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Au merveilleux royaume des injonctions, le Manuel d’autodéfense féministe ne laisse rien au hasard. Il vous faut des baskets, oui « mais des bien fines ». Les cheveux attachés, oui « mais pas trop ». Des bracelets, oui mais seulement des « tout fins ». Même l’odeur y passe, car c’est bien connu, une féministe se doit de porter un parfum discret et délicat.
Et cerise sur le patriarcat, Sonia Feertchak-​Ortoli nous confie son secret pour ne plus subir d’agressions sexistes et sexuelles. Mieux que la bombe lacrymo ou toutes les mesures gouvernementales, on vous présente… le kaki (la couleur bien sûr, pas le fruit à jeter sur un agresseur potentiel)! « Joli, à la mode, il fait un peu “camouflage”, ce qui égare le bourrin de base ». Eurêka ! Avec le kaki, on va enfin pouvoir faire une croix sur le harcèlement de rue. On se demande pourquoi Marlène Schiappa n’y a pas pensé plus tôt.

Au bingo de la honte, le Manuel d’autodéfense féministe cocherait toutes les cases. Dangereux pour la société, on lui a quand même finalement trouvé une utilité, celui de cale-​meuble.

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