musique Publié le 06 Octobre 2014 par Causette

Arthur H est une femme 06/10/14

blog post image

Comme je le promettais dans le courrier des lecteurs de Causette #49, je vous livre ici in extenso le message d’Arthur H dans lequel il me proposait un article. Le sujet : les hommes sont des femmes qui s’ignorent. Il joignait à son message un extrait de chanson et un poème – en exclu – qui paraîtra dans un recueil en début d’année prochaine. « Tout ça raconte qu’Arthur H est une femme. »

LES HOMMES-FEMMES

 

Tous les hommes, sans exception, veulent être des femmes. Tous les hommes veulent être des femmes, car tous les hommes sont des femmes, mais ils ne le savent plus. Les hommes mâles sont, pour la plupart, des femmes blessées, des femmes malheureuses, qui méconnaissent leur nature précieuse, mais parfois, plus rarement, ce sont aussi des femmes audacieuses, libres et même resplendissantes.

Par impuissance, les hommes-femmes choisissent d’oublier leur vrai sexe et il est vrai que peu d’entre eux s’en souviennent. Les femmes, pures intuitives, connaissent ce difficile, cet inconfortable et, par générosité, mais surtout par intense culpabilité (car elles jouissent, elles, de la chance d’être pleinement des femmes), elles laissent l’homme jouer dans la lumière afin de lui donner l’illusion de la brillance, de l’arrogance, comme si l’espace lui appartenait.

Mais l’homme, femelle contrariée, n’est pas aussi stupide qu’il en a l’air, il n’est pas dupe et il en conçoit sérieuse amertume, il est jalouse, il est insatisfaite et, intérieurement, il trépigne de rage. Ne sachant comment occuper sa détresse, il construit, massacre, chante, invente.

Mais ça n’est pas suffisant à sa folie, et dans le secret de sa blessure il élabore une vengeance plus cruelle : il pénètre. Il fait l’amour à la femme avec ténacité, douceur, profondeur et agressivité, et la femme, on doit le reconnaître, apprécie cette vengeance qui la révèle parfois à elle-même. Sous l’emprise de sa propre jouissance, accoutumée à l’extase, addictive à l’oubli de soi comme la plus délicieuse des drogues, par intérêt donc, elle ne révélera jamais à l’homme-femme qu’il est une femme-femme, le laissant tout entier à sa colère et ses jeux d’enfants.

 

 

UNE FEMME QUI PLEURE

 

Je voudrais passer à travers ton corps

Forcer la serrure de ce coffre-fort

Réchauffer ton sang

Lécher la blessure

Lécher la blessure

Car je suis

Une femme qui pleure

Une femme qui pleure

Mais aucune larme ne coule

Ne coule

Si tu es muet je t’achète une langue

Si tu es aveugle voilà mon regard

Je vais arracher la peau de ton cœur

La peau de ton cœur

Car je suis

Une femme qui pleure

Une femme qui pleure

Mais aucune larme ne coule

Ne coule…

 

Voici la vidéo du poème mis en musique, filmée lors d'un concert : 

 

 





Image : pochette du nouvel album d'Arthur H, Soleil dedans, chroniqué dans Causette #49.

Publié le 06 Octobre 2014
Auteur : Causette
6553 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette