Images Publié le 17 Septembre 2014 par Anna Cuxac

La “nana” Saint Phalle 17/09/14

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On n’a pas tout vu de Niki de Saint Phalle ! L’exposition éponyme du Grand-Palais, à Paris, propose jusqu’en février 2015 de plonger dans l’œuvre foisonnante d’une artiste d’avant-garde, militante et… accessible.

 

Un écran projette une vidéo de l’INA. Face à la caméra, Niki de Saint Phalle est d’une aisance mutine. Elle fait de grands gestes avec ses mains, à l’italienne, et désarçonne le journaliste venu l’interviewer au milieu des Nanas – matrones de papier mâché –, dans son atelier : “Vous considérez qu’une femme devrait peindre un bouquet de fleurs ?” Silence du journaliste.

 

À y regarder de près, au-delà des couleurs vives et des corps callipyges, l’œuvre de Niki de Saint Phalle n’a rien de ce que l’on attribue encore au féminin dans les années 60. Pistolets, haches, crânes ou mariées qui semblent porter un linceul plus qu’une robe, les installations, compositions et tableaux de Niki n’ont rien de mignon. “Peindre calmait le chaos qui agitait mon âme. C’était une façon de domestiquer ces dragons qui ont toujours surgi dans mon travail”, expliquera l’artiste diagnostiquée schizophrène.

 

En 1961, elle lance ses performances Tirs, séances où le public est invité à tirer au pistolet sur des installations qui crachent de la peinture sous les balles. Ces œuvres collectives, dont certaines sont exposées au Grand-Palais, sont accompagnées de films d’archives sur leur création. Elles ont une sorte de fonction cathartique pour Niki et son public, qui y canalisent une colère politique, sociale et personnelle. Une liste intitulée Le Mur de la rage répertorie les 84 choses sur lesquelles Niki tire : la faim, la soif, l’inertie, la saloperie, l’apartheid, la drogue dure, le sida, l’agression sexuelle sur les mineurs… À ce propos, bien que tout soit dit en dessin dans The devouring mothers, une série de planches où apparaissent des symboles inquiétants, il faut attendre 1994 et ses mémoires pour que soit révélé son secret, poids d’une vie : l’artiste a été violée par son père à l’âge de 11 ans.

 

Née en 1930 à Neuilly-sur-Seine, dans la famille… Fal de Saint Phalle, Niki aura passé son existence à s’ériger contre le phallus sacré, grâce au Nana Power (nom donné par Niki en référence au Black Power), qui représente pour elle “le monde de la femme, amplifié, la folie des grandeurs des femmes, la femme dans le monde aujourd’hui, la femme au pouvoir”. Une révolutionnaire sans œillets.

 

 

Exposition Niki de Saint Phalle, du 17 septembre 2014 au 2 février 2015 au Grand-Palais.

10 h - 22 h du mercredi au samedi ; 10 h - 20 h dimanche et lundi ; fermé le mardi.

13 euros ; 9 euros en tarif réduit.

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Publié le 17 Septembre 2014
Auteur : Anna Cuxac | Photo : Leaping Nana, Planche de Nana Power, 1970, 76 x 56 cm, sérigraphie sur papier vélin d’Arches, Sprengel Museum, Hanovre, donation de l’artiste en 2000, © 2014 Niki Charitable Art Foundation, All rights reserved
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