Culture Publié le 26 Août 2014 par Anna Cuxac

Sourds : les malentendus

blog post image

Notre société fait peu de cas de ses sourds, qui ont développé en silence une culture parallèle. Et si on changeait un peu tout ça ?

Lorsqu’un enfant sourd naît dans une famille sourde, c’est une joie dans toute la communauté », révèle Yves Delaporte, ethnologue retraité spécialiste de la société sourde. Les 500 000 personnes sourdes profondes vivant actuellement en France 1 ne regrettent pas une audition qu’elles n’ont jamais connue et sont heureuses de transmettre à leurs enfants ce qu’elles appellent la « culture sourde ». C’est-àdire ? « C’est avant tout une langue, la langue des signes, mais c’est plus que ça. Il s’agit d’une vision particulière du monde », explique Anita 2, dont les parents sont sourds profonds, ellemême sourde légère et riche des deux cultures, sourde et entendante. De fait, les perceptions visuelles des 4,09 millions de malentendants français – du déficit léger au plus profond – sont plus rapides et plus analytiques, leur sens de l’observation plus développé, tout comme leur mémoire visuelle.

La suite dans Causette #48.

 

“Un enfant doit pouvoir jouer, lire... même s’il est sourd !”

 

Comédienne, Noémie Churlet, 38 ans, dirige “Art’Pi”, un magazine culturel gratuit sur la foisonnante création artistique du monde sourd. Pour “Causette”, elle a livré par e-mail son ressenti sur la perception des sourds en France.

 

Causette : Comment s’est passée votre enfance ?

Noémie Churlet : Je suis devenue sourde à l’âge de 2 ans. Ça a été un choc pour mes parents. Ma mère était anéantie et a passé mon enfance à chercher à me « réparer ». Aujourd’hui, je la remercie pour ses efforts, mais ce chemin ne m’a pas aidée à m’épanouir. En suivant les conseils de professeurs et de médecins, mes parents ont renié la langue des signes. Pour eux, la solution pour que je trouve des amis, du travail, c’était que je parle. Mais faire parler un enfant sourd, c’est très fastidieux, il faut le reprendre sans arrêt. L’information est mise de côté, seule compte la façon de dire. On passe son enfance à être corrigé, les parents ne sont plus des parents mais des éducateurs. À 17 ans, j’ai saisi l’occasion de partir pour une autre ville et d’y vivre seule. Là-bas, je me suis reconstruite dans le respect de mon identité.

La suite dans Causette #48.

 

Les mains à la pâte

 

L’International Visual Theatre, coeur battant de la culture sourde française, propose des spectacles, mais forme aussi à la langue des signes plus de mille élèves chaque année. Une semaine de stage intensif pour pouvoir suivre une conversation simple, ça se passe comme ça…

Ses mains virevoltent tandis que ses sourcils se froncent et que sa bouche se plisse. Avec une expressivité proche de la pantomime, Dominique Canneval captive une assistance silencieuse, assise en arc de cercle dans la salle de cours. Ce matin de juillet, une douzaine de personnes entendantes sont présentes à l’International Visual Theatre, à Paris, pour un stage d’une semaine. Il s’agit d’apprendre la langue des signes,niveau débutant.

La suite dans Causette #48.

Publié le 26 Août 2014
Auteur : Anna Cuxac | Photo : Julien Mignot pour Causette
2870 vues | 0 commentaire

Déposez votre commentaire
J'aime Causette