La cabine d'effeuillage Publié le 26 Août 2014 par Pauline Marceillac

Diamant brut Simon Abkarian

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Avec sa gueule de gitan, son mètre quatre-vingt-dix, sa verve entre poésie et trivialité, un registre artistique riche, le tout empreint d’une sensibilité attachante, le comédien Simon Abkarian en jette ! Être assise en face de lui, c’est un peu comme se retrouver en face du Parrain… on n’ose pas demander les annuaires pour se grandir.

Tu veux un truc ? Moi, je prends toujours du melon-bresaola ici, j’adore. » O.K., donc, on se tutoie. Sa voix est forte et suave à la fois. À l’image du bonhomme ? Sans conteste. « Simon, c’est, je crois, tout ce qui caractérise un homme. Il peut rouler des mécaniques, en étant très sensible, très fragile », dit de lui son amie l’actrice Ariane Ascaride. Son nom n’évoque pas grand-chose aux non-initiés, pourtant tout le monde connaît sa trogne. « Mais si, tu sais, c’est le colonel dans Kaboul Kitchen ! » Série de Canal+ qui « popularisa » le comédien. Il est impressionnant dans la vie comme à l’écran, et son look de mafieux des années 50, ses cheveux gominés, sa chaîne autour du cou et des grosses bagues qui claquent le rendent plus intriguant que flippant.

 

D’origine arménienne, Simon Abkarian est né à Gonesse, dans le Val-d’Oise, en 1962. Sa famille émigre au Liban quand il a 9 ans. Là-bas, son père est bottier, un métier vers lequel s’orientera le jeune Simon, avant de rentrer en France – la guerre a éclaté et son père passera plusieurs années au combat. « À l’adolescence, j’avais parfois l’impression d’étouffer. À 20 ans, j’étais en ébullition », se souvient-il. Le théâtre est en lui. Il part alors tenter sa chance à Los Angeles. C’est là qu’il rencontre Georges Bigot, du Théâtre du soleil. En 1985, en France, il intègre la célèbre troupe d’Ariane Mnouchkine. « Elle a l’oeil pour voir l’engagement que l’acteur ou l’actrice va mettre dans son jeu : savoir dire le monde, dont celui des invisibles. J’ai appris là-bas les fondamentaux : ne pas être dans les mots, travailler dans son corps, mesurer l’émotion, mais ne pas avoir peur de la démesure de l’émotion. Ariane, je ne lui dois pas tout. Je lui dois beaucoup seulement. »

La suite dans Causette #48.

Publié le 26 Août 2014
Auteur : Pauline Marceillac | Photo : Marco Castro pour Causette
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