Reportages Publié le 26 Août 2014 par Jordan Pouille

De l’amour à la haine Les Marines d’Okinawa

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Dans le sud du Japon, un archipel tropical semble figé dans l’Amérique glorieuse des années 50. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la population y accueille des dizaines de milliers de marines. Et rêve désormais de s’en débarrasser.

La petite île d’Okinawa est mondialement connue pour ses centenaires à foison et ses fringants « super-seniors ». Dans son laboratoire d’Urasoe, l’affable docteur Makoto Suzuki, expert incontesté de la longévité, est formel : « Ici, les aînés restent actifs le plus longtemps possible et rendent service en permanence. Cela va plus loin qu’une alimentation saine ou un climat agréable. » Okinawa, l’île où l’on ne vieillit pas, évoque Hawaii, pas seulement par l’ukulélé, mais aussi parce que l’archipel Ryukyu, dont elle est l’île principale, fut définitivement rattaché sur le tard, en 1879, à une grande puissance, le Japon.

 

Au printemps 1945 s’y déroule la plus grande bataille navale du Pacifique. Plus de 1 500 avions kamikazes affrontent les destroyers américains. Et les deux armées bombardent sans distinction. Bilan : une île arasée, plus de 200 000 morts, dont plus de la moitié de civils, soit environ un habitant sur quatre. Okinawa restera l’île martyre du Japon. « L’armée japonaise a traité comme des espions ceux qui parlaient leurs dialectes, s’est servie des civils comme bouclier humain et leur a ordonné de se suicider en masse pour ne pas être faits prisonniers par les Américains, présentés comme le démon. Les Okinawaïens ont toujours été considérés comme des citoyens de seconde zone. »

La suite dans Causette #48.

Publié le 26 Août 2014
Auteur : Jordan Pouille | Photo : Jordan Pouille
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