Environnement Publié le 26 Août 2014 par Propos recueillis par Eric la Blanche

L’énigme de l’inaction (Mais qu’est-ce qu’on attend ?)

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S’il y a bien une chose pire que la crise écologique, c’est notre manque de volonté à l’éviter : malgré les études scientifiques accablantes, la réponse que l’humanité apporte au saccage définitif de son environnement n’est pas à la mesure des enjeux. Le cinquième rapport du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, 2014), qui synthétise les travaux de milliers de chercheurs, ne laisse aucune place au doute : la hausse des températures nous mène droit à LA catastrophe. Tout cela, nous le savons. Alors, comment expliquer que nous n’agissions pas ? Qu’est-ce qui bloque ? Et comment faire pour que cela cesse ? Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons interrogé deux spécialistes.

Clive Hamilton est un intellectuel australien, auteur de Requiem pour l’espèce humaine. Il relève que « nous avons fondé une bonne part de notre identité personnelle sur notre activité de consommateur » et que « si, pour résoudre le changement climatique, nous devons changer notre façon de consommer, cela signifie en réalité que nous devons renoncer à notre identité – mourir en quelque sorte ». Changer d’identité, vraiment ?

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Parce que j’ai été choqué. Il est dur de se confronter à la vérité que les climatologues nous révèlent. Au-delà des prévisions optimistes sur la façon dont la communauté humaine répondra aux avertissements, nous allons tout droit vers un monde plus chaud de 4 °C vers 2070. Ça ne semble pas beaucoup, mais c’est une moyenne. Pendant l’ère glaciaire, lorsque New York était sous 100 mètres de glace, la température sur la planète était seulement 5 °C plus froide qu’aujourd’hui.

La suite dans Causette #48.

 

Jade Lindgaard, journaliste spécialisée en environnement, vient de publier Je crise climatique, livre dans lequel elle se demande pourquoi il nous est si difficile, intimement, de changer. Elle y pointe que « l’individu contemporain se fabrique chaque jour par ses actes de consommation. S’il n’essaie pas vraiment de cesser de polluer, c’est qu’il ne peut l’entreprendre sans défaire ce qui a fini par constituer sa sensibilité propre ». Devrions-nous alors nous « défaire » ?

Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Il est le résultat de ma spécialisation et de mon engagement personnel : je suis très frappée par le décalage entre les savoirs sur les causes et les effets du réchauffement climatique, et notre absence d’action. Je ne voulais pas parler du climat de façon globale, alors j’ai décidé d’aborder le problème en passant par ma chaudière. J’ai tenté de réaliser une cartographie du CO2 dans nos vies.

La suite dans Causette #48.

Publié le 26 Août 2014
Auteur : Propos recueillis par Eric la Blanche | Photo : Eric Mulet / Agence Vu'
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