Politique Publié le 26 Août 2014 par Propos recueillis par Audrey Lebel et Pauline Marceillac

“L’égalité se construit, elle ne s’hérite pas !”

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La loi pour l’Égalité réelle entre les femmes et les hommes a été adoptée par le Parlement le 23 juillet dernier. Une victoire pour Najat Vallaud- Belkacem, ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, qui a porté ce projet de loi à bout de bras. Suppression de la notion de « détresse » en cas d’avortement, extension du pouvoir du CSA pour combattre les stéréotypes, féminisation des conseils d’administration des grandes entreprises, des chambres de commerce et d’industrie ou encore des fédérations sportives, garantie publique contre les impayés de pension alimentaire, lutte contre les inégalités de salaires, etc. (voir « Les 5 points clés » page 17 du magazine).

Une première pour une loi-cadre qui englobe tous les secteurs où se nichent encore les inégalités, qui concernent les femmes, mais aussi les hommes pour certaines. En ce sens, le partage du congé parental est une réelle avancée. Début d’une nouvelle ère ? Le temps le dira. Car la polémique autour des ABCD de l’égalité montre que tout n’est pas gagné. Forte de ses convictions, Najat Vallaud- Belkacem ne lâchera rien, notamment sur la prostitution, qu’elle espère toujours abolir. Retour sans complaisance sur une année mouvementée.

 

Causette : L’adoption de la loi pour l’égalité est une victoire. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Najat Vallaud-Belkacem : L’aboutissement d’un long parcours législatif, et surtout la mise en oeuvre de progrès profonds pour l’égalité femmes-hommes. Jusqu’à présent, il y avait eu des lois sectorielles pour les droits des femmes : des textes sur l’égalité professionnelle, d’autres lois sur les violences ou encore la parité. Mais c’est la première fois qu’une loi-cadre recouvre tous les secteurs où se manifestent encore des inégalités. Ce qui les sous-tend, c’est l’idée encore présente dans notre société que les femmes n’ont pas tout à fait la même valeur ni les mêmes rôles que les hommes. Tout est lié. C’est pour cela qu’il était essentiel de s’attaquer à tous les freins à l’égalité en même temps.

 

De quels freins parlez-vous ?

N. V.-B. : Prenons l’exemple de l’égalité professionnelle. Elle est inscrite dans notre droit depuis des années, mais dans les faits on est loin du compte. Il y a toujours 25 % d’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, et ces dernières ne sont pas encore suffisamment représentées dans les postes à responsabilité. Leur parcours professionnel est plus souvent touché, interrompu au moment de l’arrivée des enfants, et c’est encore quasi exclusivement sur leurs épaules que repose la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale. Du coup, elles sont nécessairement lésées puisqu’elles doivent se partager en deux pour assumer ces responsabilités, et elles passent à côté de bien des opportunités de carrière. Voilà un exemple de frein concret.

La suite dans Causette #48.

Publié le 26 Août 2014
Auteur : Propos recueillis par Audrey Lebel et Pauline Marceillac | Photo : Franck Mura pour Causette
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