Culture Publié le 24 Juin 2014 par Gaël Le Bellego

La recette d’une bonne guimauve Films de filles

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C’est de saison, une nuée de “chick flicks” s’abat sur nos écrans. Décryptage d’un genre parfois lyophilisé, souvent hystéro, qui n’en finit plus de se tirer une balle dans l’escarpin.

En juin, fais ce qu’il convient : va voir un chick flick, un film de poulettes, en VF. Un terme qui court de producteurs en distributeurs. Les chick flicks, ce sont ces comédies qui sentent l’eau de rose et le vernis à ongles, garanties une heure trente sans prise de tête. D’abord, le choral Sous les jupes des filles, d’Audrey Dana : son titre qui promet, son casting made in France long comme le Who’s Who. Puis Triple Alliance, grosse américanerie avec Cameron Diaz, souveraine du genre, et Kate Upton, qui joue une paire de seins. Enfin, L’Ex de ma vie, avec notre Cameron Diaz à nous : Géraldine Nakache. Trois films de filles, sinon rien. Ben rien, alors, merci. L’addition est trop salée. Ou sucrée, plutôt. Vous allez voir.

 

Âmes sensibles s’abstenir. Nous allons entarter sévère. Car le genre « usine à gaz hilarant » prospère sur le terrain du lâcher-prise. De la distraction cruche, pot de Häagen-Dazs sur les cuisses. Il n’y a pas de crime à ça, certes. Mais la question se pose : faut-il être une fille pour aimer le cinéma d’étourneau ? Il est établi que ce cinéma ultra marketé se fabrique pour un genre, féminin en l’occurrence. Tiens donc. Et les films sortent façon chapelet de saucisses, avec ce juste équilibre de maigre et de gras, propre à plaire à toutes… par nature. Faut-il donc considérer qu’un drame social de Stephen Frears ou une comédie de Dino Risi ne sont pas adaptés pour faire battre le coeur des femmes ? Ou qu’un homme ne peut pas comprendre Vingt-Sept Robes ou The Holiday ?

 

En principe, le cinéma n’a pas de sexe. Alors, pour bien se faire entendre et rameuter de la nana en salles, le chick flick plante des personnages féminins dans le décor comme des poireaux dans un champ. Et il mouline doux, toujours les mêmes ingrédients, pour que la soupe ait ce petit goût de déjà-vu. Un cinéma prévisible, rassurant, sans danger, lyophilisé. Une recette infaillible.

 

La suite dans Causette #47.

Publié le 24 Juin 2014
Auteur : Gaël Le Bellego
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