Litterature Publié le 24 Juin 2014 par Propos recueillis par Cédric Fabre

“Ne pas écrire sur la violence me paraîtrait bizarre” Irvine Welsh

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Depuis son premier roman, “Trainspotting”, paru en 1993, l’Écossais Irvine Welsh explore la déliquescence et les drames ordinaires au coeur des classes postouvrières dites “dangereuses”. Des jeunes privés d’avenir et coincés entre dope, chômage et hooliganisme. Changement de cap avec “Crime”, véritable “roman de route” qui se déroule en Floride et dans lequel l’auteur s’attaque au sujet des violences sexuelles infligées aux enfants.

Causette : Le fil rouge de votre oeuvre serait la violence sociale ?

 

Irvine Welsh : Oui. Elle est liée au fait que les gens sont plus que jamais exclus de l’emploi, de l’éducation, du logement, des soins… ce qui conduit toujours au développement d’une économie souterraine, donc à la violence. Ne pas écrire sur cette violence me paraîtrait bizarre, car les gens y sont contraints. Il faut lutter pour avoir accès aux ressources. Nous sommes entrés dans une sorte de culture du confinement, où les gens essaient de pousser les murs, conscients que la société s’effrite et qu’elle est de plus en plus fliquée.

 

Des romans tels “Trainspotting” ou “Glu” constituaient des monographies de quartiers misérables d’Édimbourg. D’où vient cette envie d’un “roman de route” en Floride ?

 

I. W. : Je voulais placer mon personnage dans des lieux où il serait comme un poisson hors de l’eau. Après une enquête éprouvante à Édimbourg, il est parti pour la Floride avec sa fiancée. Mais il peut s’écrouler à tout moment. Il veut sauver une petite fille et, le danger étant omniprésent, il se persuade que la menace vient aussi de lui. Obnubilé par le souci de veiller sur l’enfant, il est incapable de se prendre en main. Mais au fil de ce voyage, il va aussi comprendre ce qui cloche en lui. Il n’agit déjà plus comme un flic : il est juste un chasseur de monstres, de pédophiles.

 

La suite dans Causette #47.

Publié le 24 Juin 2014
Auteur : Propos recueillis par Cédric Fabre | Photo : Steve Double - Au diable Vauvert
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