Société Publié le 24 Juin 2014 par Delphine Saltel

L’amour en culottes courtes Belgique

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À l’école Plein Air d’Uccle, dans la banlieue huppée de Bruxelles, les élèves assistent à des séances d’éducation sexuelle et affective dès la deuxième année de maternelle. Reportage dans une classe de “4e primaire” où il n’est pas question de zizi ni de cigognes et où des enfants de 8 ans prononcent le mot “vagin” sans glousser.

C’est une vaste demeure des années 20, un peu décrépite, dans la banlieue de Bruxelles. Parquet qui grince, lambris néogothique et cheminées en marbre. La cantine est installée dans un vieux salon d’apparat, et on a bricolé un potager pédagogique dans l’immense parc arboré. L’école Plein Air d’Uccle a quelque chose de communautaire et de familial, l’atmosphère d’une maison de famille. D’ailleurs, ici, les élèves enfilent leurs pantoufles avant d’entrer en classe.

Ce matin, assis en cercle sur de petits tabourets, une dizaine d’entre eux, en classe de « 4e primaire » (l’équivalent de notre CM1), accueillent Florent et Isabelle, les intervenants de la « cellule plein coeur » : « Vous vous rappelez qui on est, ce qu’on vient faire ? » Nathan 8 ans, lève le doigt. « Oui, la dernière fois on a travaillé sur la sexualité. » « Absolument, répond Florent, et c’est quoi, Nathan, la sexualité ? » La réponse ne tarde pas à fuser : « C’est les gens qui s’aiment pour de l’argent, les prostitués. Et on avait aussi parlé un peu du viol. » Ah. On s’attendait à d’innocentes évocations de zizi ou de zézette, mais on avait oublié que les enfants ne vivent pas dans des caissons.

Même dans cette banlieue chic et feutrée de Bruxelles. Dès leur plus jeune âge, ils absorbent les échos du journal télévisé ou l’érotisme bling-bling des clips de Rihanna. « Je dois parfois répondre à des élèves de 7 ans qui posent des questions sur la sodomie ou la fellation, confirme Florent Loos, animateur depuis quinze ans, sexologue et psychothérapeute au planning familial. Certains parents ont peur que nos séances donnent des idées aux enfants alors qu’elles servent souvent à digérer le trop-plein d’informations sexuelles reçues de l’extérieur. »

La suite dans Causette #47 mais aussi, le reportage audio complémentaire par là.

Publié le 24 Juin 2014
Auteur : Delphine Saltel | Photo : Susan Meiselas / Magnum photos
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