On nous prend pour des quiches Publié le 04 Juin 2014 par Clarence Edgar-Rosa

Cher Bachelor 06/05/2014

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Tu vas me manquer. Ah, cette course de pintades, prêtes à planter leur talon de douze dans les globes oculaires ennemis pour que tu les mates, y a pas à dire, c’est rafraîchissant ! Ça me rappelle l’époque bénie où je pensais que la vie des adultes, c’était un conte de fées. C’est vrai, les femmes indépendantes, ça va deux minutes, moi, au fond, je veux qu’on me fasse rêver avec des villas à Mykonos et des roses rouges pour points de bonne conduite. Je veux être la plus « bonne » pour harponner le trentenaire et sa « belle situation » (et même si c’est du flan, j’ai envie d’y croire). Regarde-les choisir leur bague de fiançailles avant même de t’avoir vu sans fond de teint et hors décor de vacances. Faut arrêter de se raconter des histoires, la bagouse, c’est la ligne d’arrivée. « Quand je suis avec toi, j’ai le coeur qui commence à battre » (oui, jusque-là, elles avaient l’électrocardiogramme plat…), qu’elles caquettent toutes en attendant que tu les délivres, à la fin de chaque émission.

 

Moi aussi, je veux commencer à vivre. La potiche au bois dormant, si t’y réfléchis un peu, ç’aurait pu être moi. Je me suis entraînée, mon vieux : j’ai relu tous les classiques de mon enfance pour me mettre à la page. Cendrillon, qui vendrait un rein pour aller au bal alors qu’elle a jamais vu l’hidalgo que tout le monde veut mettre dans son lit, Raiponce, assez naïve pour se lancer en rappel dans les bras du premier type qui passe à sa fenêtre… J’étais prête. À un détail près. Si j’en crois le cru 2014 des « bachelorettes », on Cher Bachelor, dirait bien qu’il y a une profession de prédilection pour les dindes qui veulent participer à la course : chargée de relations publiques. S’il y a une formation pour devenir une volaille de combat, faut pas me cacher ça. Faut que je m’inscrive fissa, histoire d’avoir un parfait CV de fille à la vanille avant le prochain combat de poules. En attendant que tu réapparaisses dans ma téloche, je prends ta défense, tu sais. À ceux qui te qualifient de « vieux jeu », cher Bachelor, je réponds que c’est eux qui ont loupé le coche ! Y a qu’à voir la nonchalance avec laquelle tu leur prends la bouche, chacune à la queue leu leu, épisode après épisode, si ça, c’est pas moderne ! Un prince qui assume son goût pour la polygamie, décomplexée et sans chichis, c’est très 2014. Moi, je dis bravo !

Publié le 04 Juin 2014
Auteur : Clarence Edgar-Rosa | Photo : Morpheen (illustrations)
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