La copine de Causette Publié le 26 Mai 2014 par Margot Loizillon, correspondante à Bogota (Colombie)

Brigitte Baptiste Initiales B. B.

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C’est la Madame Biodiversité de la Colombie. Éminente biologiste à la tête de l’un des plus importants instituts de recherche scientifique de son pays, Brigitte Baptiste conseille le gouvernement sur ces questions. Jusque-là, rien de plus banal. Sauf que notre illustre Brigitte est née homme et promène sa « diversité biologique » dans les congrès et colloques du monde entier. Au fait, pourquoi Brigitte? En référence à notre B. B. nationale, l’idéal féminin de son enfance.

Lorsque je découvre Brigitte Baptiste, elle donne une conférence sur l’eau, tout ce qu’il y a de plus sérieux, à Villa de Leyva, en Colombie. Chacun écoute religieusement la spécialiste reconnue et respectée de la biodiversité. Il n’y a que moi, Française fraîchement débarquée dans le pays, qui semble quelque peu circonspecte. Comme toujours, apprendrai-je plus tard, Brigitte s’est mise sur son trente et un: robe bleue avec décolleté plongeant sur deux obus en position d’attaque, laissant le champ libre à ses tatouages de motarde.

 

Quelques semaines plus tard, je la retrouve en plein centre de Bogota, dans les bâtiments de l’Institut de recherche sur les ressources biologiques Alexander von Humboldt (l’équivalent de l’Institut des sciences biologiques du CNRS), qu’elle dirige depuis bientôt quatre ans. Aujourd’hui, c’est cheveux rouges, bottes fourrées en plastique et décolleté, bien sûr. Un look décalé qui laisse visiblement de marbre la cinquantaine de chercheurs qui travaillent sous ses ordres.

 

Éminente biologiste, Brigitte Baptiste est aussi une femme politique, sollicitée par l’État colombien comme par des entreprises privées sur des sujets aussi divers que l’impact de l’exploitation de l’huile de palme ou l’état des réserves d’eau du pays. Car la Colombie dispose de ressources naturelles et d’une biodiversité très riches dont l’exploitation a explosé dans les années 2000, depuis l’accalmie de la guerre civile. Les investissements étrangers se bousculent désormais dans le pays, laissant parfois derrière eux une nature exsangue. « Il y a une contradiction entre l’abondance de la biodiversité colombienne et l’incapacité politique à transformer celle-ci en richesse médicale ou alimentaire, par exemple, confie Brigitte. La situation a été particulièrement triste sous la présidence d’Alvaro Uribe. Aujourd’hui, on essaie de trouver des solutions pour que cette richesse naturelle profite avant tout aux Colombiens. » Sous la présidence de Juan Manuel Santos, au pouvoir depuis quatre ans et qui joue sa réélection en juin, le gouvernement a notamment réussi l’exploit de changer trois fois de ministre de l’Environnement.

 

La suite dans Causette #46. 

Publié le 26 Mai 2014
Auteur : Margot Loizillon, correspondante à Bogota (Colombie) | Photo : Antonia Zennaro pour Causette
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