Culture Publié le 29 Avril 2014 par Clarence Edgard-Rosa

Beyoncé : le féminisme qui fait pop Phénomène

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Le marketing a peur du vide : il s’empare du moindre créneau encore non exploité. Beyoncé – et son équipe de com – l’a bien compris, qui se rachète une virginité de féministe, renvoyant une image politiquement plus correcte que celle de la bombasse soumise qui menaçait de lasser. Une petite “émancipation” qui ne mange pas de paillettes et qui peut rapporter.

Depuis la sortie de son dernier album, Beyoncé a chaussé ses gros sabots pour déclarer son féminisme, aussi neuf qu’inattendu. Il y a d’abord eu la reprise du discours prononcé lors d’une conférence TED par l’écrivaine féministe nigériane Chimamanda Ngozi Adichie dans le titre ***Flawless, qui donne du féminisme une définition juste mais inoffensive. Et puis Pretty Hurts et son clip à la sauce concours de beauté qui dénonce – sans grande nuance – la tyrannie des apparences. Une tribune sur l’égalité des sexes2 plus tard, ça ne fait plus de doute : le militantisme est la nouvelle marque de fabrique de l’élève modèle du R’n’B. Cerise sur le pom-pom short, Beyoncé démontrait son sens de la formule (instantanément virale) mi-mars, dans la campagne Ban Bossy (« Bannissez le mot “autoritaire” ») pilotée par Sheryl Sandberg, la numéro deux de Facebook. « I’m not bossy, I’m the boss », lance-t-elle, face caméra, dans cette vidéo qui milite pour la suppression du mot « bossy » du vocabulaire, une raillerie désignant les femmes de pouvoir. 

 

Mais alors que le féminisme est plus que jamais perçu comme un concept nébuleux, voire répulsif (un jeu de mots récurrent en fait outre-Atlantique le nouveau F-word, fuck, en langage policé), on se demande par quel miracle le militantisme peut trouver sa place dans la com de la bombasse des charts. 

 

La suite dans Causette #45.

Publié le 29 Avril 2014
Auteur : Clarence Edgard-Rosa | Photo : Cathal McNaughton / Reuters
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