La cabine d'effeuillage Publié le 29 Avril 2014 par Audrey Lebel

Hors-la-loi d’avant Veil Olivier Bernard

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Etudiant en médecine, il a pratiqué des avortements clandestins jusqu’en 1974 et a fait de la lutte pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse le combat de sa vie. dans le contexte actuel où l’avortement pourrait être remis en question aux portes de la france, il témoigne pour rappeler ce qu’était la réalité d’avant 1975.

Pour secourir des femmes en « détresse », telles que Simone Veil les désignait, il a mis sa carrière en péril. D'un point de vue juridique, il était un criminel jusqu'au 17 janvier 19751. En pratiquant des avortements clandestins de 1972 à 1974, alors qu'il était étudiant en médecine, Olivier Bernard risquait l'interdiction d'exercer. Néanmoins, il confie n'avoir jamais eu peur d'être dénoncé, arrêté, jugé et condamné. Il a pourtant essuyé un « J'estime que vous méritez la guillotine » de la part du chef de service gynécologique de l'hôpital de Grenoble, à l'époque, et a enduré la violence du mouvement Laissez-les vivre.

 

Ça ne l'a pas traumatisé. « Notre peur, ce n'était pas la loi ni la police, c'était qu'il arrive un accident, et qu'une femme décède. » Modestement, il l'assure : « Nous étions convaincus de notre bon droit. Nous n'avions pas la sensation de commettre un crime, mais, au contraire, de sauver des vies humaines.» Aujourd'hui retraité, il continue, à 65 ans, à pratiquer une fois par semaine des IVG (interruption volontaire de grossesse) au Centre de planification du CHU de Rennes. Et revient avec le même enthousiasme sur son parcours de combattant.

 

La suite dans Causette #45.

 

Publié le 29 Avril 2014
Auteur : Audrey Lebel | Photo : Cédric Martigny
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